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La citadelle de Saint Paul de Vence, étude d'un cas d'architecture militaire défensive moderne en Provence

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La Citadelle de St Paul de Vence,
approche de l'architecture militaire défensive Provençale moderne
(et comparaison avec la Citadelle de Nice) :

St Paul de Vence est un petit village de 3500 habitants, vivant du tourisme estival.
Le site est implanté sur un promontoire rocheux qui s'avance sur la vallée. Il s'agit d'une position stratégique importante puisqu'on voit une large bande de terre et de littoral.



La militarisation du site correspond tout d'abord à la volonté de sécuriser la frontière avec le Var et l'ancien Comté de Nice. Il s'agit aussi d'affirmer le pouvoir royal en Provence Orientale.
Pour cela, de 1537 à 1547, François 1er transforme le village médiéval de St Paul de Vence en une véritable citadelle.

L'exelente conservation de l'édifice militaire permet d'étudier les fortifications construites à une époque charnière avec les progrès de l'artillerie et de la balistique dans la stratégie militaire.
De plus, l'étude de la citadelle permet d'imaginer le système défensif niçois. En effet, peu après l'échec franco-turc du siège de Nice (1543), François 1er était si impressionné par la citadelle niçoise et ses capacités défensives qu'il ordonna la construction d'une citadelle axée sur le modèle niçois. Ainsi, en observant les murailles Vençoises , on peut imaginer la structure Niçoise aujourd'hui quasi-disparue.

La citadelle encercle le village. Les murs d'enceinte sont inclinés vers l'intérieur de la cité, afin de dévier les projectiles et boulets de canons et non pas supporter la puissance de l'impact.
Les pointes de la fortifications sont traitées de la même manière, avec une certaine inclinaison. On évite les arrêtes brusques (angles droits) soit en fermant l'angle, soit en ajoutant des faces sur le virage. On limite la longueur des lignes droites (courtines Est et Ouest) en plaçant à intervalle régulier des tourelles défensives qui ouvrent de nouveaux angles de tirs sur ces lignes droites.

  • 1. Le système d'accès à la citadelle : les portes Nord et Sud.
La citadelle est ouverte avec un système de portes sur la face Nord et sur la face Sud. En détenant seulement 2 accès on limite la fragilité défensive de l'ouvrage, tout en gardant de bonnes accessibilités (portes situées de part et d'autre de la ville) et des possibilités de manœuvres extérieures en cas d'attaque. Pour défendre chaque porte, les architectes ont positionnés un système de ravelins : deux blocs de remparts dépassent de la fortification et s'avancent sur l'extérieur. Ils offrent ainsi deux blocs distincts, qui confinent la porte entre-eux. Les angles de tirs en sont d'autant multipliés, et en cas d'assaut massif ces positions avancées "cassent" le flot assaillant en limitant l'accès, comme un entonnoir.
Ces ouvrages avancés sont traités avec des angles arrondis, pour mieux supporter le feu ennemi.

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Vue sur la porte Nord. Observez à droite la base de l'un des ravelins. La porte est ouverte sur un angle qui se referme et qui est particulièrement observable depuis le ravelin. Notez à droite de la porte le mur percé d'une meurtrière.
Surplombant l'ensemble, une tour offre de nouveaux angles de tirs et la possibilité d'attaque par les mâchicoulis.
Une fois la porte passée se trouve un couloir long de plusieurs mètres, aménagé de herses et de portes comme en témoignent les traces sur les murs et plafonds.

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Voici l'entrée Nord de la citadelle : au fond, la meurtrière, sur la droite la base du ravelin. remarquez à gauche le traitement monumental et soigné de la porte.

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Ravelin Nord-Est (gardant l'entrée de la ville et la porte Nord). Notez l'angle ovale et la pente des murs pour dévier les tirs.

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L'entrée Nord vue du ravelin Nord-Ouest. Remarquez la qualité des blocs de l'entrée et la disposition de biais.

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Le couloir d'accès à la ville vu depuis l'intérieur vers la porte Nord.

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La tour défensive est placée au-dessus du couloir d'accès, après la porte Nord. Elle ouvre plusieurs modes d'attaque suivant la distance de l'ennemi. Si ce dernier parvenait à percer les lignes défensives et à accéder au couloir d'accès, les défenseurs pourraient utiliser les mâchicoulis.

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La tour de l'entrée Nord vue depuis le rempart Nord. Ce rempart s'élargit vers l'Ouest pour former une plate-forme défensive.

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La même tour vu sur son côté Ouest. Remarquez la longueur des corbeaux (longues pierres qui dépassent de la façade pour supporter l'avancée des mâchicoulis). La 3ème assise mesure près de 2 mètres de long !

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La porte Sud présente la même disposition mais la tour intérieur a disparue. On peut supposer sa présence en remarquant les traces d'arrachage de murs de part et d'autre de la porte (pierres qui dépassent du rempart). A l'extérieur on distingue une portion du ravelin Sud-Est.

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Porte Sud vue depuis le sommet du ravelin Sud-Est : le traitement de la porte est monumental et très soigné alors que les pans de murs peu visibles (et peu exposés) sont traités de manière très brute, avec des moellons et galets disposés en assises irrégulières.

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Voici la porte Sud. On remarque toujours la qualité globale de l'ouvrage.

  • 2. Les remparts et plate-formes défensives :

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Aux 4 extrémités de la citadelle se trouvent des plate-formes vastes qui permettaient de mettre en batterie un certain nombre de pièces d'artillerie, avec des angles de tirs offensifs (loin sur la vallée) et défensifs (tirs le long de la muraille). Si le traitement global est plus ou moins soigné les pans de murs exposés sont monumentaux, avec du grand appareil assemblé très minutieusement. Les angles sont polis, arrondis ou brisés de manière à dévier la puissance de l'impact des projectiles.

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Détail d'un angle de la plate-forme Nord-Est : l'angle de la muraille est traité très finement, en arrondi incliné vers l'intérieur. Cela témoigne du savoir-faire et de la maîtrise architectural et ouvrière de l'époque.

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Détail de l'angle Sud-Ouest d'une plate-forme défensive située le long de la muraille Ouest : l'angle est solidifié par un gros bloc biseauté en 2 facettes pour dévier les projectiles suivant les angles de tirs possibles.
Observez également la conservation des briques sur le parapet du rempart, elles sont disposées en assises inclinées vers l'extérieur. A intervalle régulier quelques briques sont disposées en assises horizontal.

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Cette succession de briques assisées tantôt de biais, tantôt horizontalement est visible sur cette photo. Cela pourrait servir à absorber une partie des éclats des projectiles au lieu de dévier l'ensemble au dessus.

  • 3. Autres observations :
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Le rempart est bien conservé sur une portion côté Ouest. On observe le chemin de ronde et on remarque l'assise de pierres disposées en pied de marche pour stabiliser l'extérieur du mur.

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Sous le rempart Est subsistent les vestiges d'une plate-forme défensive. On suppose que sous la citadelle la colline était partiellement aménagée de terrasses défensives
dont les accès était protégés par des portes de ce type.

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Détail sur un escalier d'accès à une plateforme défensive située sur le rempart Ouest : on observe la finesse et la précision du travail. L'escalier permet à deux personnes de se croiser dessus. Les marches monolithes stabilisent l'ensemble en s'appuyant sur le rempart.


Pour en savoir plus :
  • GAVET Nicolas, Les fortifications de St Paul
  • Association des amis du musée d'histoire, François 1er et St Paul

Photos de vacances

Les vacances sont quelques instants qui peuvent permettre de découvrir certains paysages étrangers à notre quotidien.

Le soleil de l'été et les fortes chaleurs conditionnent une lumière et une végétation particulière qui peut avoir un certain rendu pour les amateurs de photo.

  • Découvrez ci-dessous quelques clichés de Corse :

Arrivée sur Bastia par la mer, avec brumes de chaleur



Depuis la Bocca de Teghime, entre Bastia et St Florent : lieu historique avec une vue sur la côte occidentale (et sur les étangs de la plaine orientale)


St Florent et le désert des Agriates:


L'Ile Rousse :

Calvi vu de la mer :


Vers une restauration du buste de Cesar découvert dans le Rhône à Arles

Source & photo : lepoint.fr

Le fameux buste de l'empereur romain découvert dans le Rhône au niveau d'Arles par Luc Long pourrait faire l'objet d'une restauration en vue d'une exposition plus tôt que prévu.

La photo illustre l'étape actuelle de diagnostic :
On cherche à scanner le marbre via un tube à photons pour déterminer l'état de l'intérieur de la sculpture notamment au niveau d'agrafes métalliques qui maintiennent les éléments assemblés.
C'est le centre de Cadarache réalise l'expertise.
Des fissures internes doivent aussi être mesurées par le biais d'une analyse acoustique, avant une éventuelle restauration de la sculpture.

"Dans l'été, on verra avec le ministère (de la Culture, ndlr) si on opère", a déclaré Luc Long, archéologue du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Drassm), lors d'une visite de presse à Cadarache.


Articles similaires sur ce blog :

Expo "Méditerannée, mer cruelle - Au temps des navires à vapeur" Musée archéologique de St Raphaël


Image et texte : DRAC PACA

Le musée archéologique de St Raphaël accueille dans le cadre prestigieux de l'église médiévale de Sant Rafèu une exposition sur le thème des naufrages en mer à l'ère de la navigation à vapeur, soit de 1850 au XXe siècle.

Notre littoral foisonne de vestiges sous-marins, témoins séculaires de notre passé maritime. Ces naufrages, à travers leur multitude, sont les témoins des aléas de l'Histoire, des guerres, des aventures lointaines, des explorations sans retour. Ils jalonnent les voies de communication d'une Europe méditerranéenne naissante.

20 juin - 31 août 2008
Renseignements : musée archéologique, Saint-Raphaël, tel : 04 94 19 25 75. Ouverture : du mardi au samedi : 9h12 et 14h-18h, entrée libre

Par ailleurs une exposition des photos de Laurent Ballesta : « Planète Mers » sera présentée sur le jardin Bonaparte du 4 juillet au 10 septembre. Vernissage vendredi 4 juillet à 18h30.

La ligne 2 du tramway passera sur la promenade des anglais en 2013



Christian Estrosi a rendu publique sa décision concenant la prochaine ligne du tram : pour 2013, elle relliera les quartiers ouest au centre-ville par le bord de mer, depuis le pont Napoléon III jusqu'à la place Massena.

L'essentiel du trajet se fera sur la promenade des Anglais, au niveau du terre-plein central, là où il y a actuellement les palmiers.

C'est le choix le moins coûteux et le plus rapide, mais il impose de repenser toute la Promenade des Anglais en matière d'accès au tramway (traverser les voies de circulation) et d'espaces verts (destruction des terres-pleins qui identifiaient la prom).

Histoire du Consulat italien 72 boulevard Gambetta à Nice

La communauté italienne est fortement liée à l’histoire et à la culture niçoise à partir du XXème siècle, avec les premières vagues d’immigration italienne.

En 1926, on évalue le nombre d’immigrés italiens à Nice à 40.000, soit ¼ de la population ! (Après le chiffre a diminué mais cela viendrait surtout du nombre croissant de « régularisations »).
L’apparition de ce consulat ou « casa degli Italiani » est fortement liée au contexte politique du moment, à savoir l’Italie fasciste. Le département des Alpes Maritimes et particulièrement Nice était la cible de Mussolini, qui par son « irrédentisme » voulait réunir l’empire romain dont il se plaçait comme héritier.

Pour rassembler l’empire latin, le dictateur fasciste proposait une première vague de colonisation en douceur grâce à la présence sur place d’une communauté italienne immigrée.

Sur le Boulevard Gambetta se trouvait en vente un bâtiment, la Villa Dalia qui appartenait à une comtesse russe. Cette villa fût achetée par l’Italie pour en faire son « Consulente del Ministero degli esteri » (Consulat des affaires extérieures) dit alors « Florestano Di Fausto ».

Ce fût le point de départ d’un édifice qui fédérait les italiens via l’idéal national et la pensée administrative pour une œuvre finalement de propagande et de contrôle social.
Pour cela même la façade était utilisée : son architecture romaine à valeur éclectique donne un ensemble irréaliste et incohérent.

Entre 1931 et 1932, la Villa Dalia devient la « Casa degli Italiani ». L’état italien non seulement ne démolit pas l’ancienne villa mais la réhabilite et la restructure : la façade, en face du Boulevard affiche des lignes rigoureuses et ternes, clin-d’œil à l’industrialisation croissante italienne ?
L’édifice original n’avait qu’un étage sur-élevé, les italiens ont superposés un second étage disproportionné.
On retrouve ces aspects dans un autre édifice, le consulat italien de Tunis construit à la même période.
Ces bâtiments arborent des frontons au dessus des fenêtres, des médaillons à l’antique et l’utilisation d’un seul matériau, une pierre grise.
La partie entre les étages supportait à l’époque une affiche de « Casa degli Italiani », aujourd’hui enlevée.
Les médaillons placés de part et d’autre du portique d’entrée affichent l’allégorie du travail et de l’art italien.
L’intérieur, avec un hall monumental, ouvre sur le théatre, aujourd’hui salle Michel-Ange.
Sur la droite (Sud) on a conservé les salons et pièces d’apparat de la villa originelle, avec une rotonde vitrée qui servait de jardin d’hiver et ouvrait sur le parc.

La décoration intérieure vient du style 1937 avec l’architecte Bolognais Melchiorre Bega (1898-1976), connu pour ses travaux en architecture navale, sa participation au gratte-ciel Galfa à Milan et ses plans à l’origine des autogrill Motta sur les autoroutes italiennes notamment.

Les œuvres de Bega sont peu à peu détruites surtout depuis les années 70 avec les réadaptations aux normes ou restaurations diverses.
Dans le parc de la villa se trouve un petit monument dédié aux soldats tombés pendant la 1ère guerre mondiale, une statue d’un soldat romain représenté l’épée à la main sur une inscription de défense de la patrie : « Gli italiani delle Alpi Marittime caduti nella grande guerra, 1914-1918 ».

En 2007 fut offert une autre statue rendant hommage aux italiens qui rejoignirent le maquis durant la seconde guerre mondiale, et aux soldats de la IVème armée qui protestèrent contre l’alliance franquiste le 18 septembre 1943. Il s’agit bien-sûr d’une œuvre d’apparence modeste mais à connotation très significative pour l’administration italienne et la communauté vivant à Nice.

Epave de la Canche (Pas de Calais) : quelques nouvelles fraiches

Cet article complète le "Bilan de la journée du DRASSM"
où l'on évoque notamment ce cas de fouille.
Cet article et la photo proviennent du journal "La voix du Nord"

« Ce bateau est la première épave ancienne trouvée dans la région Nord - Pas-de-Calais. Elle peut nous apporter des éléments de réponse sur l'architecture navale des Flandres maritimes au Moyen Âge », explique Éric Rieth, chercheur au CNRS (Centre national de la recherche scientifique) et spécialiste des épaves médiévales.

En effet, l'étude de l'épave permet de proposer une reconstitution d'un navire d'une quinzaine de mètres, qui ne pourrait absolument pas naviguer dans la Canche à son niveau actuel.

Les chercheurs basculent donc vers des problématiques de paléo-environnement :
Pour mieux reconstituer l'environnement géologique dans lequel le navire a jadis évolué, l'équipe pilotée par Éric Rieth a fait appel au département de géologie de l'université de Lille I.
Pendant trois jours, cette équipe d'étudiants emmenée par le sédimentologue Alain Trentesaux effectue des carottages afin d'étudier les sédiments aux alentours de l'embarcation. « Nous cherchons des indices qui nous permettent de déterminer le milieu, le paysage dans lequel le bateau s'est échoué », précise Alain Trentesaux. Était-ce un milieu maritime, fluvial, marécageux ? « Dans nos prélèvements, nous allons retrouver des organismes spécifiques soit au milieu marin, soit au milieu d'eau douce, par exemple. »

La mission devrait se terminer bientôt, en 2009. « Mais nous espérons revenir, car trois autres épaves ont été découvertes dans le coin », souligne, avec envie, Éric Rieth. Un problème de moyens sans doute ?

Marche de la Liberation : les aménagements avancent, les critiques aussi

Alors que les box du marché de la libération sont aux finitions, on contemple le résultat, et cela ne semble pas convaincre les riverains et maraîchers :

Cet article fait suite au précédant message, "le marché de la discorde à la libération".

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  • L'espace, ou plutôt la réquisition de l'avenue Malaussena :
Les structures jointives bloquent la vue et la circulation des piétons. L'aménagement du tramway et la disparition de la circulation automobile avait donné une bouffé d'air frais à ceux qui emprunte l'avenue Malaussena. Mais cela n'a pas duré : les box métalliques bloquent les déplacements et réduisent à deux petites voies la circulation des piétons sur l'avenue. Comment pourra-t-on circuler les jours de marché ? Au ralenti, comme dans un énorme bouchon piéton ?

  • L'esthétique : après le bleu Klein, voici le gris Peyrat !
Les couleurs sont assez uniforme et rappellent tristement le mobilier urbain local (tramway, bancs, lampadaires, poubelles, bref tout ce qui est dans la rue). Gris. Ce gris terne, neutre, morne couvre désormais toute la ville et jusqu'au marché il s'est traîné sur les box, il a même grimpé sur les bâches qui couvrent les étales.

  • Vers la "disparition du marché Libé" ?
Bien-sûr le marché ne devrait pas disparaître, mais en cloisonnant dans des box les maraîchers c'est tout un esprit et une page de l'histoire locale qui est menacée.
Les maraîchers n'auront plus d'identité ni de spécificité dans un monde gris uni ou chaque étal sera le même que celui d'à côté, comme dans les rayons d'un supermarché...

  • Un coût considérable : 12.000 euros le box !
Alors oui, il faut le rappeler : chaque box gris prévu pour un étal coûte à la ville de Nice 12.000 euros. Comptez et multipliez par le nombre de box alignés sur l'avenue Malaussena, l'addition est corsée.
C'est le prix d'une voiture par box ! C'est là que vont les impôts des niçois, dans des structures pour maraîchers (qui ont toujours faits sans) qui gâchent la vue et gênent à la circulation.


A méditer ? Donnez vos avis !


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Seule exception : 4 box auront une bâche rouge, du côté de la façade de la Gare des Chemins de Fers de Provence.

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veuve noire rose ou Gymnocorymbus ternetzi

Voici quelques clichés de la Veuve noire, poisson d'eau douce qui existe aussi en rose. Le nom de "veuve noire" vient de la nageoire anale hypertrophiée et généralement noire.
A l'état sauvage on ne le trouve que dans les cours d'eau d'amérique du Sud, dans le Rio Paraguay, le Rio Guaporé et en Bolivie.


Remarquez comme il guette la surface, soucieux et attentif... Ce poisson est un redoutable chasseur. Ses couleurs chatoyantes attirent les larves et autres insectes à la surface de l'eau. Là, il bondit sur sa proie et la gobe. Pour faciliter l'opération, la bouche du poisson est située très au dessus de la mâchoire, histoire de saisir plus facilement les proies à la surface de l'eau.

Musee de la Bourse - Marseille : visite du musée d'archéologie

Voici quelques photos du musée du centre Bourse à Marseille.
Lors de la construction d'un grand complexe commercial à quelques centaines de mètres du port, l'excavation a révélée une portion du port antique de Massalia, colonie phocéenne fondée vers -600.
Dans le périmètre de la fouille du centre Bourse, on a découvert outre monnaies et céramiques deux épaves relativement bien conservées.
Ces "épaves de la Bourse" sont très intéressantes dans la mesure où l'une est construite suivant une ancienne technique, les "navires cousus", et l'autre avec une technique plus récente, basée sur le principe de tenons et mortaises.
Le musée propose également des collections sur différentes périodes :
- mobiliers étrusques,
- mobiliers grecs,
- mobiliers romains,
- mobiliers de l'Antiquité Tardive,
- mobilier du Moyen-Age,
- mobilier moderne.

Voici quelques photos de l'épave cousue de la bourse.
Observez les trous percés régulièrement le long des bordées : cela permettait de passer une fibre végétale pour ligaturer les planches entres-elles : ainsi le navire était cousu. Pour assurer une étanchéité maximale on passait une couche de goudron sur les ligatures, d'où la coloration noirâtre à certains endroits. Remarquez le demi-couple taillé dans la masse d'une branche d'arbre.

A l'entrée du musée un moulage reproduit l'entrée d'une villa antique. On lit sur ce sol "XAIPEO", c'est à dire "Salut". Message destiné à accueillir le visiteur dans les villas prestigieuses d'il y a 2000 ans ?

Voici le moulage d'un éperon ou rostre antique. Il est composé de trois lames, et à l'origine était en bronze. Sur les navires de combat cet élément est avant tout une distinction, un élément d'apparat et d'expression de puissance. Cette arme signifie que le navire qui la porte choisit qui peut naviguer, et qui doit couler. Pour cette raison le rostrum est très richement travaillé, il représente un coût important. Lors de bataille navale, c'est une menace constante pour les navires situés sur la trajectoire. Le capitaine de vaisseau devait exécuter des manoeuvres complexes pour parvenir à éperonner l'adversaire : il devait arriver sur le flanc, légèrement de biais (et non pas perpendiculairement), toucher la coque et vite virer sur l'extérieur. Le choc créait une voie d'eau dans la cale adverse, et le naufrage était inévitable.

Mais parfois le rostre pouvait rester accroché à la coque : il fallait alors le scier en urgence, en pleine bataille. Souvent le rostre, sous la violence du choc pouvait casser. On pense que la poutre emmanchée à l'intérieur suffisait à assurer sa flottaison. Il était alors primordial de repêcher ce rostre, symbole du navire et de la puissance d'une civilisation.

Le Musée Archéologique de Cimiez- Nice

Présente :




Les Thermes d’Ostie

Par Grégoire Poccardi (Docteur en Archéologie, Membre de l’Ecole Française de Rome)





Jeudi 29 Mai
à 16h au Musée archéologique de Cimiez

Une campagne de fouilles sous-marines devant Nice ?

Infos et photo : journal Maville.com

Lancer une campagne de prospection sous-marine le long de la baie des anges : c'est le projet de Stéphane Morabito, docteur en histoire ancienne et Claude Salicis, président de l'institut de Préhistoire et d'Archéologie Alpes-Méditerranée (IPAAM).

Depuis l'opération de fouilles sous-marines de Sacha Sosno, entre le "Castel Plage" et la "plage de la police" (qui avait révélée un fragment du quai construit sur ordre d'Emmanuel - Philibert 1er comte de Savoie) les deux spécialistes sont ambitieux, au point de proposer une opération de grande envergure avec des méthodes de pointe : sonder au sédimentomètre le sous-sol, le long de la baie des anges.

Ce projet est délicat dans la mesure où les profondeurs deviennent rapidement très importante, au point de restreindre les plongées à l'air. Il y a aussi un problème de courants et de fréquentation maritime dans cette zone.

Mais de grandes découvertes sont possibles ! si ce secteur n'a jamais encore été fouillé, la fréquentation de la baie des anges est attestée dès Nikaia, en -300 avec les Phocéens. Le rôle maritime de Nice et Villefrance au moyen-âge, en passant par de grands évènements (siège des turcs et français), entrevue de Charles Quint et François 1er, couplés avec les archives actuellement étudiées par les archéologues assurent la présence de vestiges qui passionneront scientifiques et public au sens large.

Le sédimentomètre est un appareil qui mesure la densité du sous-sol et restitue par image informatique les différents matériaux en sous-sol. Ainsi tout ce qui est enfoui jusqu'à plusieurs mètres sous le fond apparait. On note juste un bémol puisque les bois gorgés d'eau sont presque invisibles, au niveau densité on les confonds avec l'eau.

Lou Sourgentin : Histoire de la Corse, Nice et Gênes : aspects diplomatiques, économiques et politiques :

Synthèse de la conférence "Lou Sourgentin" : Corse, Nice et Gênes : regards historiques sur la période médiévale


Voici une synthèse sur la conférence de ce jour tenue par les membres de la revue "Lou Sourgentin".
Cette conférence résume une étude triangulaire sur Nice et son comté, Gênes et sa Ligurie et la Corse entre les XIèmes et XVIIIème siècles.
Les intervenants évoquent surtout l'évolution des aspects diplomatiques, économiques et politiques entre ces 3 entités.

· La Corse et sa révolte contre Gênes :
Tout commence au XIIIème siècle, alors qu’éclate une révolte en Corse animée par un personnage, Sambucucciu d'Alando. Leader d’une révolte populaire, il est reçu en personne par le Doge de Gênes. Ce dernier est inquiet par la tournure des évènements puisque les petits seigneurs féodaux ont rejoint la révolte au côté du peuple et des bergers.
Cette insurrection populaire stoppe l’expansion du système féodal, dès le XIIIème siècle en Corse.
Toutefois il réapparaît dans le Sud et se maintient jusqu’à la fin du XVème début XVIème siècle : on appel la Terre des Seigneurs la Corse du Sud, alors que le Nord est la « Terre Commune ».
Notons que quand le système féodal s’effondre, il n’y a pas de basculement sur le système génois car le peuple n’est pas pro-gênois. Ce serait au contraire cette emprise et sa colonisation qui serait à l’origine de la révolte en Corse.

Du point de vue de la république de Gênes, la Corse représente certains avantages :
- Située sur une route commerciale
- Permet de sécuriser militairement un bassin
- Un réservoir avec les productions agricoles : blé, vin, olive, travail du cuir,… toutes ces ressources sont massivement exportées.
La vison de Gênes sur la Corse fait que « la greffe ne prend pas » : les Corses ne sont pas convaincus par les décisions et choix de la république.

Par conséquent l’île développe une résistance face à cette politique « pré-coloniale » :
La république génoise installe des colons sur l’île, en réponse à ses problèmes internes :
- Nuova Vintimiglia :
Une nouvelle Vintimille est fondée en Haute-Corse pour résoudre des problèmes de surpopulation et de famines sur le continent. Implicitement il s’agit aussi de mettre en valeur des terres en Corse.
- Une colonie grecque est fondée :
Sa présence crée des tensions avec les bergers des régions de Vico et Niolo. Par conséquent cette colonie déménage à Ajaccio, où elle bâtie la « Chapelle des Grecs ». Encore peu appréciée des autochtones, la communauté trouve enfin sa place à Cargèse au moment de la « pacification française » courant XVIIIème siècle.

La république génoise et la Corse, c’est finalement un rapport de dominants à dominés.
C’est aussi la prédominance du commerce, vitalité et succès de Gênes. Ce capitalisme dirigé par les Dôges, malgré des imperfections apperçues en Corse notamment illustre un modèle de réussite au moment où l’Europe change profondément dans ses structures politiques. La création d’état-nation, l’explosion du commerce et l’élan insufflé par les états de la péninsule italienne (Gênes, Pise, Venise) ou d’Europe du Nord (Pays-Bas) sont des éléments fondateurs vers une Europe moderne.

La discussion s’achève sur le personnage de Pascal Paoli : face à la quantité d’information que l’on pourrait donner, le locuteur tente de synthétiser certains aspects de ce personnage. Décrit comme hors du commun, méconnu en France, on le compare à Gandhi en Inde ou à un De Gaulle en France.
C’est l’homme qui a fait la révolution en Corse avant celle de France. Il a son buste dans l’abbaye de Westminster depuis qu’il a été pris en charge par la monarchie britannique, durant son exil.
C’est aussi un modèle aux USA, puisque 5 villes portent son nom. Enfin en Italie un grand nombre de rues ou places sont dédiées à sa mémoire et rappellent son souvenir.
On a fêté son bicentenaire il y a peu et une association Corse à Paris à fait la demande de baptiser Paoli une rue ou place. La mairie aurait répondu qu’elle ne connaissait pas de Paoli…
Dans les faits, Pascal Paoli aurait initié en 1750 une révolution, et 5 ans plus tard il aurait rédigé un préambule à une constitution, directement inspiré des pensées des lumières. Puis il se serait exilé en Angleterre jusqu’en 1789.
En Corse la révolution ne s’est pas faite contre le clergé : c’est une différence fondamentale avec la révolution française, et peut-être que l’attitude très pieuse encore conservée par les Corses découle de ce rapprochement peuple-clergé. En effet les religieux sont au côté de la population dès les premières révoltes anti-seigneuriales décrites au XIIIème siècle.

La Corse, cette île et cette montagne affiche son particularisme dès l’approche géographique puisque le littoral est par définition une zone d’interface et d’échanges alors que la montagne est plutôt une protection et un obstacle.
On conclue donc sur la notion d’un espace particulier qui a joué un rôle dans l’histoire de la méditerranée.

· Luc Thevenon, « Quand Nice était Génoise » :
Il s’agit là d’un titre provocateur puisque Nice historiquement n’a jamais été réellement génoise.
On étudie les aspects diplomatiques et politiques à Nice entre la 2nde moitié du XIIème siècle et la 1ère moitié du XIIIème siècle, alors que « les pouvoirs se cherchaient ».
Nice appartenait à la Provence. Elle était dans une région spécifique, la « Provence Orientale » : une région de confins, éloignée des centres décisionnels. On note qu’au XIIème siècle il n’y a pas encore de comte de Provence. Le pouvoir Provençal est alors basé à Toulouse.
Tirant parti de l’éloignement des centres de pouvoir et des lenteurs administratives, certaines villes développent des « zones d’influences », territoires qu’elles administrent et fédèrent un dynamisme démographique et économique source de richesse.
A Nice le bassin du Paillon par exemple permet ce phénomène.
La prise d’importance de certaines villes met au jour un désir d’autonomie et d’autogestion vis-à-vis de Toulouse. Pour cela ces villes s’organisent autour d’un système politique dit « communal » : au milieu du XIIème siècle apparaissent des « Consulats » en Provence Orientale.
Le Consulat est composé de dirigeants et personnalités de la ville, plus ou moins désignés par une partie de l’aristocratie locale. Ils sont entre 3 et 6 suivant la cité et pour le cas de Nice on en dénombre 4, dès 1160.
D’autres villes adoptent ce système, comme à Grasse ou Brignole. Les consuls sont ceux qui ont réussi à asseoir une domination économique et une popularité : ils sont armateurs, marchands, nobles…
En 1176, le comte de Provence Alfonse 1er d’Aragon sent l’éloignement de certaines villes. Il accepte alors de rédiger un accord qui confirme les privilèges revendiqués par Nice et son consulat, à savoir une forme d’autonomie moyennant une redevance.
Cette redevance est une transaction, établie à 25.000 sous génois : une forte somme pour l’époque, qui reflète la valeur commerciale de Nice. Cela reflète également la présence et l’influence de Gênes dans l’économie provençale.
Nice est une ville prospère grâce à son dynamisme commercial : de Pise à Barcelone Nice relaye les cargaisons et construit des navires.
Une chapelle dédiée à St Tropez, culte typiquement pisant est fondée à Nice vers la face Ouest de la colline du château. Cela illustre la qualité des rapports Niçois avec d’autres grands ports méditerranéens. La ville descend peu à peu depuis le plateau de la colline vers l’actuel vieux-Nice.
La ville est disputée entre l’influence gênoise à provençale :
Le niçois Giordan Riquier devient consul et est appelé à Gênes, au milieu du XIIème siècle. Il en revient avec le titre de Podestat de la République, soit le rôle d’un gouverneur. Ainsi on appréhende les rapports niçois-gênois qui, dès le milieu XIIème place Nice sous le regard de Gênes.
En 1205, le consulat Niçois rédige de nouveaux statuts qui s’inspirent directement des textes officiels gênois : l’organisation politique de Nice est influencée par Gênes. La république s’octroie un droit de regard très présent.
Mais le comte de Provence sentait bien que la ville lui échappait. Fin XIIème siècle, il oblige Nice à revenir sous domination provençale, en reconnaissant l’autorité du comte du Roussillon.
En 1212 un délégué niçois se rend à Gènes où il demande « l’Ost et Cavalcade » : un droit important puisqu’il signifie « donner la ville ». Gênes accepte et envoi à Nice Spinola, pour reconnaître une nationalité commune. Ce dernier, accompagné de quelques hommes investissent et détruisent le château comtal.
En 1215, le var est devenu la frontière entre Gênes et la Provence.
En quelques années, grâce à des accords et des transactions, Gênes s’est rapprochée de Nice. Ceci n’est pas du tout du goût du comte de Provence, Raymond Béranger V. Ce dernier lève une armée pour restaurer son autorité.
En effet Nice n’est pas une exception et certaines villes de Provence Orientales se sont installées dans une autonomie florissante (Grasse et Brignole).
Le comte de Provence projette alors de reconquérir cette portion de son territoire, dans un premier temps avec les zones littorales puis avec l’arrière-pays.
En 1229, en octobre, le comte met le siège à Nice. La ville inférieur, peuplée de commerçants ouvre ses portes mais la ville haute et le château refusent de capituler. Au contraire Nice et sa ville haute appellent à l’aide Gênes, sur qui on fonde de grands espoirs. Mais la réponse génoise est môle puisque au mieux on verra croiser au large quelques galères, mais rien de plus.
Tant et si bien que le 9 novembre 1229, la ville haute capitule. Le comte de Provence destitue le consulat et nomme à sa place un Viguier, homme de paille à la solde du Comte.
C’est la fin du consulat de Nice, il faut alors attendre 85 ans pour voir émerger un nouveau système politique, le syndicat.
Pendant ce temps Raymond Béranger V établit divers traités pour fixer les frontières provençales.