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Musee Massena Nice - visite de la villa Massena

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Le musée Massena à réouvert le 1er mars 2008, il était en travaux depuis plus de 7 ans.
Il renferme des collections diverses de toutes périodes, ainsi qu'une bibliothèque régionale importante, du "chevalier de Cessole" (ouverture prévue en juin). Vitrine historique de Nice, les collections exposées se limitent à la chronologie moderne et contemporaine locale.

Cette villa, ou plutôt palais vu son importance fut édifiée par Victor Masséna (duc de Rivoli et prince d’Essling, petit-fils du maréchal niçois André Masséna qui reçut ses titres de noblesse de Napoléon Ier, qui l’appelait “l’enfant chéri de la Victoire”).

Pour construire l'édifice, Victor Masséna s’adressa à Aaron Messiah, architecte du roi des Belges Léopold II à Saint-Jean- Cap-Ferrat.
En collaboration avec George Tersling (Rotonde de Beaulieu) furent établis les plans d’un palais du style des résidences princières transalpines au XVIIIe siècle.

Suivant l'exposition (Nord ou Sud), la villa présente deux visages :

  • Du côté de la rue de France, le porche abrité qui permet de monter ou de descendre de voiture sans se mouiller en cas de pluie, est une composante “moderne” liée à la recherche du confort – les attelages des Masséna étaient réputés à Nice pour leur élégance.

L’aspect classique de la façade correspond au caractère rigoureux de Victor Masséna, militaire de carrière.

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  • Au Sud l’urbanité tout italienne de la large loggia et de la rotonde formant péristyle traduit le sens de la sociabilité et l'intérêt pour la vie culturelle du maître de maison :

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L'intérieur reprend les thèmes décoratifs des façades, avec cette influence néo-classique très marquée :

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L'empereur Napoléon Bonaparte représenté à l'antique, accueil les visiteurs dans un large corridor pavé de mozaïques, aux murs recouverts de marbres et aux plafonds décorés de stucs. Remarquez les candélabres décorés de palmettes (thème iconographique là-aussi antique). Ces représentations viennent de diverses sources archéologiques mais aussi inspirées directement de palais royaux européens.

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Le rez-de-chaussé ouvre sur de grandes pièces aux baies vitrées, elles servaient de salons de reception et de bibliothèque.

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A l'étage commence l'exposition.

On part sur la chronologie de 1792 avec les armées révolutionnaires françaises qui pénètrent dans Nice, on aborde ensuite la restauration et les rois sardes.

Puis l'exposition se tourne vers l'épisode italien et le rattachement du comté de Nice à la france, en 1860 :

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Les salles du 1er étages se consacrent a des thèmes divers, parfois très proches de la société Niçoise avec ses traditions, culture, artisanat... On évoque bien-sûr la Belle Epoque et l'explosion touritique :

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L'arrivée massive des touristes place Nice et sa "Côte d'Azur" en capitale mondiale du tourisme, toute l'économie locale en découle.

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L'arrivée des touristes entraîne l'expension de la ville et l'aménagement urbain pour ses riches étrangers. Ici la maquette du casino de la "jetté-promenade", construit en 1884, brûlé la veille de son innoguration (1ère guerre des casinos ?) et finalement ouvert en 1891.

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La présence d'étrangers importants (têtes couronnées, hommes politiques, intélectuels) oblige la ville à un certain standing : tramways (remorqués par des chevaux puis éléctriques), tout à l'égout, éclairage public... la mairie produit des arrêtés municipaux qui démontrent certaines mauvaises habitudes à éviter pour ne pas choquer ces touristes, "hirondelles d'hiver".

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Stéphane Liégard écrit fin XIXème la "Côte d'Azur" et baptise ainsi la bande littorale entre le "chateau d'ïf à Marseille jusqu'aux villas de Menton". Il est l'inventeur de ce terme qui rayonne rapidement dans le monde entier.

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Le 1er étage se poursuit sur cette Belle-Epoque, puis l'exposition mène au 2ème étage.

On aborde alors l'entre-deux guerres et ses années folles, le modernisme, le rayonnement et l'influence culturelle de cette Côte d'Azur.

Cet étage expose également les toiles de peintres locaux. Elles présentent de surcroit certains intérêts historiques et archéologiques dans la mesure où certains vestiges sont représentés :

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Le bord de mer au niveau de la réserve (à l'est du port de Nice) et son restaurant de poisson. Notez la ruine sur la droite.

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Ruines diverses et pilles d'un aqueduc dans une plaine

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Vue de Cimiez avec un pan de mur sur la droite.

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Vue vers le lazaret de Nice depuis la réserve.

Le musée se poursuit et traite divers thèmes non-évoqués ici. Il se termine sur les prémices de la 2nde guerre mondiale et la fin de ces insoucillances.

municipales : Estrosi sur les chapeaux de roues

Résultats des votes, 1er tour éléctions municipales de Nice :

Sans surprise le dépouillement donne deux candidats de droite en tête : Christian Estrosi recueille 35,8% des suffrages, et creuse l’écart avec son challenger divers-droite Jacques Peyrat. Le maire sortant, avec 23%, devance malgré tout la liste du socialiste Patrick Allemand (22,3%). Ces trois candidats s’affronteront donc dans le cadre du second tour.
Notons l'affaissement du score d'Estrosi par rapport aux premiers sondages qui le créditaient de plus de 40% d'intention de vote.

Exit l’autre candidat de gauche Patrick Mottard (6,4%) et le candidat du MoDem Hervé Cael (3,1%).
Côté extrème droite, le Front National, victime de la guerre Estrosi-Peyrat, n’obtient que 4,1%.
Les identitaires de Vardon frôlent les 3%.

Estrosi démissionnera s'il est élu à Nice :

Le secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer Christian Estrosi a annoncé aujourd'hui qu'il démissionnerait du gouvernement s'il est élu maire de Nice."Je veux aujourd'hui solennellement annoncer que Nice sera demain ma seule priorité (...). Dans cet esprit je quitterai dès mon élection mes fonctions ministérielles pour me consacrer uniquement et totalement à la gestion de notre ville", a dit M. Estrosi lors d'une conférence de presse.

Hier, M. Estrosi a obtenu 35,80% des voix, moins que ce que lui annonçaient les sondages. Il devra affronter au second tour le maire sortant de Nice Jacques Peyrat, qui a obtenu 23,14%, et le candidat socialiste Patrick Allemand (22,30%).
Source : AFP

Mini Motocross Mouans-Sartoux




Je m'amuse tellement avec ma mini-motocross que je vous propose ici la première vidéo, réalisée sur un terrain de cross à Mouans-Sartoux. Le résultat n'est pas glorieux mais l'important, c'est de s'amuser !



(15 mo)

Municipales de Nice 2008


La bataille des municipales fait rage à Nice avec pas moins de 7 candidats.
Le favoris, Estrosi de l'UMP caracole en tête des sondages avec près de 40% des intentions de vote.
Le maire sortant, Jacques Peayrat - sans étiquette, le talonne avec plus de 20%, suivi de près par un autre candidat, le socialiste Patrick Allemand donné à près de 20% des intentions de vote.
La surprise est possible puisque les deux premiers candidats sont de droite, et que le troisième homme est assis sur le conglomérat de plusieurs partis de gauche.
En cas de triangulaire, la ville pourrait bien basculer.
Mais pour l'instant il est vraisemblable qu'Estrosi cumulera en plus de ses fonctions de ministre et de président au conseil général un mandat de maire.
On vera dimanche !




L'immigration italienne à Nice, de l'entre-deux guerres à la fin de la 2ème guerre mondiale

L’immigration italienne à Nice :

Il est important de discerner deux raisons fondamentales de l’immigration italienne, à savoir une immigration économique, et une immigration politique.
En effet, l’immigré italien peut être :
- un travailleur qui vient chercher un meilleur salaire.
- un opposant à Mussolini : les « fuorusciti ».
- un fasciste qui vient accompagner et/ou surveiller la communauté.

L’immigration s’imbrique dans les relations diplomatiques franco/italiennes :
Le contexte de la victoire mutilée et le sentiment que l’Italie a été oubliée (traité de Versailles) ainsi que diverses tensions tels que les propos Mussoliniens anti-français rendent la situation instable.

La montée du fascisme Italien crée un problème diplomatique en France :
Mussolini diffuse ses conceptions fascistes en France par le biais de faisceaux, des groupuscules qui s’implantent dans près de 10.000 villes françaises.
Le gouvernement craint que le développement de ces groupes politiques crée des affrontements inter-italiens sur le sol français.
En 1924/25, quand Mussolini affirme son pouvoir, la perspective d’une guerre France-Italie apparaît et place Nice comme un enjeu stratégique. Le révisionnisme Mussolinien apparaît fréquemment dans ses discours, marqués par la volonté de s’approprier les territoires latins du comté de Nice, de la Savoie et de la Corse.
Avant de les récupérer militairement, Mussolini encourage une vague de colonisation par l’immigration.
A Nice la tension est à son comble. On vit dans une psychose. En 1927, de nombreux incidents de frontière avec pénétration de carabiniers dans le haut-pays justifient les craintes d’une invasion imminente.
L’armée française se regroupe à Menton avec une flotte importante, tandis que l’armée italienne militarise la frontière.
En 1927 a lieu une rencontre diplomatique à Nice pour tenter de calmer la situation.

1. L’importance de l’immigration italienne :

L’immigration italienne est un enjeu important entre la France et l’Italie.
C’est une manne providentielle du fait de la baisse démographique et des difficultés économiques engendrées par le conflit.
A ce moment l’Italie était enlisée dans des difficultés économiques et dans la montée progressive du fascisme.
Logiquement alors les Alpes Maritimes faisaient office de terre d’accueil :
En France en 1921 on comptait 450.000 italiens, dont 75.000 dans les A.M.
En 1931 on en comptait 1000.000, dont 120.000 dans les A.M.

A Nice, les immigrés italiens venaient essentiellement des régions voisines du Nord de l’Italie : Piémont, Ligurie. C’était une population jeune et mixte.
1 immigré sur trois était actif en 1926 : ils travaillaient dans l’industrie ou dans l’agriculture (1/10), dans le bâtiment (1/4), ou dans l’habillement, la vannerie, l’hotelerie, les domestiques, concierges, jardiniers, chauffeurs, commerçants…
Beaucoup vivaient néanmoins dans des conditions précaires, en bidon-ville.
Cette communauté a été vite marginalisée, d’autant que les immigrés restaient très solidaires et à l’écart des autres.

2. Immigration et relations franco-italiennes dans les années 20 :

La source du conflit diplomatique est l’ancien comté. En plus, la présence italienne est très massive dans les A.M. Il y a un jeux d’influence décisif sur ces populations immigrées.
En 1925/26, les lois fascistisimes de Mussolini donnent un avant-goût de son pouvoir : « irrédentisme » (récupérer un territoire qui appartenait il y a longtemps).
Des pôles italiens se développent en Corse, Savoie et Alpes Maritimes afin de verrouiller la situation.
Ces pôles sont les « fasci all’estero » : se sont des groupuscules présents dans 20.000 villes françaises sous la forme de consulat.
Il s’agit d’une structure qui confond habillement l’Italie et Mussolini, avec pour objectif de préserver l’italianité des immigrés et empêcher leur intégration. Pour cela ces groupes utilisent la propagande, l’embrigadement, le contrôle social…

Ces tensions sont particulièrement exacerbées à Nice. L’immigration n’est pas toujours bien perçue par les niçois qui développent des sentiments de concurrence sur le marché du travail et de la xénophobie.
Les réfugiés italiens, « fuorusciti » mènent des actions depuis l’étranger contre le gouvernement Mussolinien.
Ces actions antifascistes font finalement écho à celles des immigrés italiens fascistes.
Le développement de ces groupes accroît les tensions entre les communautés, notamment à Nice, surtout après le meurtre du député italien Matéoti en 1924.
Cet événement crée de grandes manifestations et des violences, entre 1924 et 1929.
Ainsi apparaît une tentative d’unité nationale italienne antifasciste. En France, on remarque deux pôles importants, l’un dans le Sud-est, l’autre dans le Sud-ouest.

En 1926, c’est l’apogée du nombre d’immigrés italiens dans les A.M. (postérieurement le nombre décroît surtout en raison de ceux qui obtiennent la nationalité française). On assiste alors à la radicalisation du discours fasciste, l’augmentation du nombre de provocations avec par exemple le révisionnisme des traités. L’immigration est décrite comme une « colonisation en douceur ».
La frontière au niveau de Menton est hyper surveillée et médiatisée.

Ainsi se propage à Nice la psychose de l’invasion italienne imminente. Il est vrai cependant que la frontière subi une militarisation importante et qu’il y a régulièrement des incidents à la gare internationale de Vintimille entre les cheminots français et italiens.
Une presse fasciste se développe et est diffusée à Nice : « il pensiero latino ».

3. La surveillance policière de la communauté italienne :

Les tensions engendrées par les communautés d’immigrés italiens effrayent les français. Face à cette menace, le ministère de l’intérieur demande la surveillance par la police des immigrés. Ainsi débutent les premiers fichages, expulsions… Cette démarche de renseignements est très médiatisée par les quotidiens.
Ainsi les enquêtes policières se justifient : on déjoue les attentats, les pièges. La tension serait régulée.
L’une des stratégies de Mussolini serait d’envoyer à Nice notamment des « agents provocateurs » qui convaincraient des immigrés de rentrer en Italie assassiner Mussolini. Ainsi 4 tentatives d’assassina auraient été avortées (la cible est en réalité le commanditaire de l’assassina).
Ainsi Nice serait perçue en Italie comme le berceau des opposants. Cela justifierai la conquête.
Face à cette stratégie le gouvernement français répond par la prévention et la surveillance des groupes italiens, fascistes ou opposants. Toute manifestation pro ou anti Mussolini est interdite. Les méthodes des R.G. sont dès lors les filatures, infiltrations, analyse de presses, espionnage, emprisonnement et expulsions.
On interdit certains journaux ou associations.
La police essaye d’égaliser ses actions vers chaque camp politique. Mais globalement l’action des pouvoirs publics est limitée à cause du manque de moyens, de la lourdeur administrative et des mauvaises connaissances de la langue italienne.

4. Le fascisme dans les Alpes Maritimes :

Il apparaît sous diverses formes dès 1923 après l’épisode de la marche sur Rome, avec des associations et un réseau d’espions.
A la même époque un homme Bonservizi développe un journal, « Italia Nuova » orienté sur l’idéal mussolinien. Il est assassiné en 1924.
Dans les Alpes Maritimes, les fasci (goupes mussoliniens) se développent en encadrant des enfants (colonies de vacance), en faisant des œuvres d’assistance (« casa degli italiani »), des évènements comme la « Befana fascista » (une fête avec des cadeaux)…
Les fasci constituent un réseau dense et hiérarchisé :
· Le Consulat Général, établi à Nice
· Le Vice Consulat, à Cannes et Menton
· Les Agences Consulaires de Villefranche, Antibes et Grasse
Une société « Dante Alighieri » relaye le message Mussolinien aux classes sociales plus élevées.

Les figures locales du fascisme sont
- le baron Le Brecht
- le capitaine Drugmann
Ces hommes se disputent le pouvoir, chacun représentant soit les fasci, soit le consulat.
Drugmann triomphe en 22/23. Ce dernier est soutenu par Rome mais il est contraint de démissionner suite à une affaire spectaculaire à Nice.
Le 21 avril 1924 a lieu dans la vieille-ville une manifestation pro-mussolinienne suite à l’assassina de Buonservizi. Le groupe de manifestant, guidé par Drugmann se rassemble alors à l’église St Jaume, où est béni le « gagliareletto » (fanion mussolinien). Cet évènement entraîne alors un soulèvement rapide des anti-mussolinien qui se massent au dehors de l’église. Une émeute et des combats violents ont lieu durant deux heures dans le vieux-Nice.
Cet évènement rend impopulaire le mouvement fasciste et il disparaît pendant plus de 2 ans de Nice.
En 1925, l’apparition du journal « Pensiero Latino » remet en selle les fascistes locaux. Pour le contrer, l’opposition publie son propre journal entre 1925/26, et tente même de supplanter les deux éditions locales. « La France de Nice et du Sud-Est » apparaît ainsi, grâce au financement du maire de Beaulieu A. Dubarry. Le journal s’oriente comme organe de presse anti-fascistes, radicalement à gauche.
L’innovation de cette édition est le contact avec des élites italiennes et la publication de deux pages en italien, résolument ordurières à l’encontre de Mussolini avec notamment les Campolonghi (père & fils).
Cette guerre des presses implique rapidement des actions de militants, ce qui oblige à l’intervention policière.
En 1928 le Pensiero Latino est interdit en France, ce qui immédiatement réduit l’activité fasciste et paradoxalement diminue l’impact de l’autre journal (La France de Nice et du Sud-Est).

Le 1er septembre 1930, un attenta au restaurant des « lilas blancs » commis en pleine réunion fasciste tue 10 activistes.

L’affaire Garibaldi fait grand bruit :
Riciotti Garibaldi est connu pour son activisme anti-fa. Il est également honoré par son courage lors de la 1ère guerre mondiale. Le journal « La France de Nice et du Sud Est » révèle alors qu’il serait en vérité un espion à la solde de Mussolini. Il est jugé puis expulsé hors de France. Cette affaire provoque une émotion vive à Nice, le nom de Garibaldi est souillé.

5. Les anti-fascistes dans les Alpes Maritimes :

Ce groupe est un agrégat de plusieurs horizons politiques. Il est composé de communistes, de radicaux, d’anarchistes, et d’autres opinions divers et disparates.
Cela engendre des difficultés de coordination, ils n’arrivent pas à construire une opposition valable.
En 1928, à Nice :
- P.C. : 100 adhérents italiens.
- La Ligue des Droits de l’Homme : 100 adhérents italiens.
- Socialistes : 400.

6. Les conséquences des relations franco-italiennes :

La population niçoise perçoit l’immigration italienne d’un mauvais œil. Pourtant il s’agit d’une culture similaire. Mais des sentiments de rejet et de xénophobie se font sentir.
Dans l’entre-deux guerres (conjoncture de crise), un racisme anti-italien donne lieu à une véritable « italophobie » et à des préjugés : « tous des communistes/fascistes » La guerre de 43 et l’arrivée de l’armée italienne dans le département entraîne une immigration politique et la diversité sociale des populations italienne.
Le 28 août 1944, Nice est libérée. La population souhaite alors punir ces immigrés, surtout la vague arrivée sous l’occupation entre le 11 novembre 1942 et le 8 septembre 1943. C’est l’ultime soubresaut de l’italophobie.
Un journal apparaît pour l’occasion, « l’Ergo ». Il publie des listes de noms de fascistes.
Pour épurer le département de nombreuses expulsions sont réalisées. En 1945 le bal du 14 juillet de Carras se transforme en pugilat : 2 carabiniers sont tués, la police américaine ramène le calme dans le quartier.
A Menton un camp d’immigration est installé dans l’hôtel Caravan. Cette italophobie est la fin d’un cycle de vengeances. Dans l’après guerre ce sentiment disparaît.

Nice pendant la première guerre mondiale

Le tourisme, l’économie, la fonction d’accueil, l’ordre social et culturel, autant d’éléments constitutifs de la vie niçoise sont profondément bouleversés par la première guerre mondiale.

1. L’état d’esprit des populations face à la guerre :

La déclaration de la première guerre mondiale est accompagnée à Nice par une manifestation massive de patriotisme, dès juillet 1914 (déclaration de guerre, début de mobilisation)…
Le patriotisme niçois est très marqué avec la création d'un calendrier aménagé pour un effort de guerre :
- secours aux soldats,
- « journées nationales » lancées par des associations pour récolter des fonds et impliquer les civils,
- La presse locale diffuse des ordres de mobilisation, traque les non-mobilisés,
Les deux quotidiens locaux (le petit niçois & l’éclaireur de Nice) concluent une trève et oeuvrent au coude à coude pour un effort de guerre.
- On crée un commerce : « galas de bien-faisance », « ouvroires » (travaux bénévols féminins).
- Des emprunts : les azuréens prêtent leur argent pour soutenir l’effort de guerre.
Cette politique patriotique est organisée par les pouvoirs politiques et religieux, qui soutiennent l’action militaire française mais dès 1916, l’enlisement des combats fait diminuer ce soutient.

Le 11 novembre 1918, l’armistice déclenche une explosion de joie notamment à Nice et on rebaptise certaines rues.
Nice est alors française depuis 50 ans. Les populations ont affichées leur volonté d’intégration (cette guerre aura servie de ciment d’intégration nationale pour les populations de l’ancien comté).
Ce phénomène n’a rien a voir avec la guerre franco-prussiène de 1870. Ainsi en 50 ans à Nice les mentalités ont évoluées fortement.
On crée des lieux de culte du patriotisme :
- la tombe de Gambetta
- la statue de Massena
- la statue de Garibaldi
- plus tard le monument aux morts

a. Une guerre très douloureuse :

La guerre tue plus de 3600 niçois, et autant de soldats originaires du département. Presque toujours, les appelés de la région ont servis dans le XVème corps. Il s’agit d’un corps déconsidéré de l’armée française : il est souvent envoyé en première ligne au feu et participe aux opérations massives et dures (en Lorraine, Alsace, Belgique…).
Dès 1916, les offensives meurtrières entraînent un recul des troupes françaises et une série de défaites. On accuse l’état major français d’incompétence. Ce dernier se retourne alors contre le XVème corps. Les soldats du Sud deviennent les bouc-émissaires des défaites militaires françaises.
Le quotidien parisien « Le Matin » critique vivement le XVème corps » en titrant « la faiblesse du XVème corps ».
Dès lors, la provence et le Sud de la France sont mis au banc de la nation.
Les réactions sont alors nombreuses et vives dans les régions concernées.
Pendant ce temps là sur le front, le XVème se bat et accumule les défaites. La moitié de ses effectifs sont morts, soit 10.000 soldats. L’acharnement médiatique ne faiblit pas : on parle du « moins français des corps d’armée ».
Au sein de l’armée, le XVème et ses soldats sont la risée des troupes. Ils supportent brimades et réflexions.

Jusqu’en 1918 à l’armistice cette douleur est très marquée.
Les journaux locaux se lient ensemble et portent une « demande de réparation » solennelle au président de la république, Paul Deschanel.
Il vient à Nice le 10 mars 1920, porte réparation et inaugure la place du XVème corps.
Dans les années 20, les articles de la presse divergent quand au rôle du XVème durant les conflits.
Ce n’est qu’en 1928 que le Maréchal Foch rend hommage au XVème durant l’inauguration du monument aux morts.
Ses combattants deviennent alors héros de guerre : Jean Médecin, Général Goirant… l’extreme diversité des situations des anciens combattants implique enfin les populations locales et prouve leur patriotisme.

b. La vie quotidienne durant le conflit :

La société est marquée par la hausse soudaine de la germanophobie. Cette haine et crainte existait avant le conflit (présence allemande massive jusqu’en 1914 sur la côte) mais elle était atténuée.
Entre 1870 et 1914, les cours princières allemandes venaient sur la côte. Souvent ces grands aristocrates ont peu de rapport avec l’armée allemande ou même le gouvernement, les niçois leur reprochent la germanité.
La guerre projette la société dans une pensée raciste qui mène à détruire les biens supposés allemands.

A Nice, ces allemands peuvent appartenir à un autre groupe social : les travailleurs (ils ont une emprise conséquente sur l’économie).
Dès 1911 le groupe politique pro-monarchique « Action Française » montrait du doigt les allemands des Alpes-Maritimes. Ils étaient alors près de 2.000 à vivre et travailler, surtout sur la riviera : Beaulieu, Cap d’Ail, Menton…
La germanophobie frappe le 5 août 1914 : tous les hôteliers allemands membre du syndicat sont rayés. Ces derniers se protègent alors par le biais du corps diplomatique, qui négocie et évite la saisie/réquisition des hôtels.
La germanophobie réagi en créant une Ligue Régionale de Protection Anti-germanique de la Côte d’Azur. Cette ligue profite aux commerçants et industriels locaux puisqu’elle prône un boycott des enseignes allemandes ou réputées comme tel. La ligue est soutenue par des personnalités politiques diverses (Goirant, De Joly)…
Mais l’emprise économique allemande sur la côte est assez forte : 70% des activités à Menton sont tenues par eux. Ils participent également à l’essor économique et commercial de la région notamment à Grasse avec l’industrie du parfum où ils sont des clients importants.

Mais la création de cette ligue n’est que la face visible d’une véritable « psychose de l’espion allemand ». Des légendes et rumeurs circulent (bombardements, survols nocturnes, infiltrations…)
En 1914, on pille certains magasins « allemands » :
- les bouillons « kub » sont systématiquement détuits.
- Le lait « Maggy » est réputé empoisonné.
Marc Bloch entreprend un travail de recensement des rumeurs dans une œuvre de 1920.
Cette germanophobie crée des problèmes divers en Alsace et Lorraine.

En 1915, une rumeur circule : l’Italie va entrer en guerre aux côtés de l’Allemagne (ce qui est faux : elle se place dans le camp français). Cette rumeur alimente les psychoses niçoises.
On amplifie la germanophobie en confisquant les biens allemands, on débaptise certaines rues, et même les noms communs : un chien berger allemand devient un « loup d’alsace ».

La pauvreté et le boulversement démographique entraîne également la monté de la délinquance.
Dès 1915/16, on enregistrement un fort accroissement des cambriolages, de la mendicité, prostitution.Ceci peut s’expliquer par la baisse des effectifs de police, le manque d’éclairage public, le nombre de jeunes désoeuvrés (sans père).L’insalubrité, l’insécurité, la drogue, les bagarres, les traffics… autant de maux qui rongent les populations de Nice. En 1915, le vieux-Nice concentre des fumeries d’oppium.
Des bandes de voyous sont craintes :
- la Cloche en l’air : une des bandes les plus célèbres et redoutées de Nice : rapines, vols…
- l’As de pic : une bande de Riquier.
Ces groupes sont mystifiés par la presse, friande d’anecdotes. Le vieux-Nice est perçu comme mystérieux et dangereux.

2. Economie et société : le ravitaillement pendant la guerre :

La question du ravitaillement de l’extrème Sud-Est de la France a soulevé de gros problèmes.
L’organisation dirigiste n’a pas su faire face à la ruée des consommateurs à l’annonce de la guerre : l’amas de provisions entraîne des queues interminables, qui entraînent des hausses de prix, et des tensions.
Les produits courants : patates, viande, pain… sont suspects aux yeux des consommateurs : on suppose des ententes, magouilles des commerçants et cela débouche sur des conflits.
Les pouvoirs publics réagissent en punissant les commerçants qui violent la loi. Une commission départementale d’alimentation est crée. Cette structure dirigiste contrôle la situation jusqu’en 1915 environ.
Alors que Marseille est peu ravitaillée, la proximité de l’Italie permet un approvisionnement convenable aux niçois.
Mais 1915 marque l’entrée en guerre de l’Italie. Ses productions alimentaires ne sont plus autant exportées.
Dans le même temps en France toute l’économie et les transports sont consacrés à l’effort de guerre.
Cette déterioration de 1915 se maintient jusqu’à la fin du conflit avec une année particulièrement rude en 1917 :
Rationnement du sucre (mars 1917), réglementation sur le blé, peu de gaz et de pétrole commercialisé, peu d’éclairage…
En février 1917 les commerces jugés luxueux (salons de thé, confiseries, pâtisseries) sont fermés.
En mai 1917 les boucheries doivent fermer 2 jours par semaine.
On cherche à rentabiliser la terre systématiquement : des semailles sont plantées partout en ville, on vit en autarcie.

Les difficultés ne disparaissent pas avec l’armistice et cette situation perdure jusqu’en 1921.
Les difficultés des commerçants niçois entraînent fraudes et marché noir.
Marseille est critiquée et la situation de disette provoque une indignation « anti-marseillaise » (Marseille ferme les vannes). Les élus locaux sont également l’objet de critiques vives. Les aristocrates sont visés par le peuple, eux qui consomment « sans contraintes ni restrictions ».
Les consommateurs s’approchent de la presse pour créer des comités de défense et de surveillance.

De ce phénomène il faut souligner l’extrême vulnérabilité du département qui n’assure pas sa propre subsistance.
Alors qu’en 1914 Nice était la capitale mondiale du tourisme, la ville durant la seconde guerre mondiale devient une commune de second rang.
Ce bouleversement est durable mais confère aux Alpes-Maritimes une fonction nouvelle de terre d’accueil des soldats blessés et réfugiés.

Les premiers blessés du front arrivent sur la côte des août 1914. Leur rassemblement sur la région niçoise s’explique par l’éloignement du front, le climat, et surtout le nombre de lits disponibles.
Les premiers soldats sont plutôt bien accueillis. Ce sont généralement ceux qui ne repartiront pas sur le front. Mais l’afflux massif des blessés sature rapidement les services.
En septembre 1914 on en compte 5.000 à Nice, et 10.000 dans le département.
On réquisitionne des villas, hôtels, on manque de personnel.
Les convois sont incessants. Les accueils sont bons. On propose des concerts, conférences, distractions diverses. Pour les populations locales l’implication dans l’accueil des blessés du front est une forme de participation au conflit.

Il arrive un autre flux humain : les réfugiés. Les autorités sont complètement dépassées par le nombre :
Fin 1914 ils sont environ 10.000 dans les A.M. On fait face à la situation en instaurant un contrôle sanitaire puis des affectations dans l’arrière-pays. Mais les contacts sont délicats, les réfugiés sont mal perçus.

Durant la guerre, Nice reste touristique. Les politiques locales l’ont bien compris, « sans tourisme la Côte d’Azur n’existe pas ».
Bien sûr, il y a moins de tourisme : pas d’allemands, mois de russes et d’anglais.
La perte de clientèle amorce la fin de l’insouciance de la Belle Epoque et se marque par la chute de la capacité d’accueil (due aux réquisitions).
En hiver 1914/15 la presse fait l’apologie du tourisme : « du tourisme la richesse ». Dans cette optique on cherche néanmoins un « service minimum touristique ». Mais la crise des transports limite l’offre niçoise. Il n’y a pas de casinos ouvert, ni de music-hall, pas de carnaval entre 1915/22.
Cette décrue nette profite aux concurents italiens et espagnols. Il faut attendre 1917/18 pour voir le nombre de touristes augmenter légèrement (40.000)
Les transports restent desorganisés jusqu’en 1922, à cause de l’inflation et du manque de main d’œuvre.
Les difficultés de l’hôtellerie locale, le vieillissement des bâtiments entraîne un changement dans les mœurs des touristes : il y a moins d’aristocrates mais plus d’américains. Globalement le tourisme devient à la portée de classes sociales plus populaires. Ainsi les séjours sont moins longs et plus estivaux.

Le bilan de la guerre est de 7000 morts dans le département. Des pertes matérielles importantes sont à signaler. Financièrement l’économie va mal : il y a une dette public énorme et le budget ne s’équilibre pas. Nice connaît divers problèmes sociaux, et le tourisme est globalement en baisse.
Cette synthèse est extraite du cours du Professeur Monsieur Gastaut, et précède la synthèse du rattachement de Nice à la France visible sur ce lien.

Boreon randonnée en raquettes

Au départ de la vallée du Boréon, nous avons fait une rando en raquettes jusqu'au lac de Trecolpas.

Voici quelques photos de la rando :

La vallée du Boréon est très encaissée. Le froid contrastait la forêt de mélèses et de sapins avec les sommets illuminés sur les crètes :


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Un ruisseau coule au fond du valon. Nous l'avons suivi avant de bifurquer contre les contreforts de la Cougourde et du Pisset :


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Enfin nous avons attaqué les pentes abruptes de Trecolpas.



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Depuis le lac à 2100 mètres nous nous sommes installés sur des rochers, et, en plein soleil du mois de février nous avons contemplé le lac recouvert de neige. La météo nous avait réservé un ciel pur et un air doux.

La descente était sportive avec des pentes très raides. Quelques belles glissades dans la neige qui virait à la soupe sur les versants les plus exposés.

Enfin voici quelques clichés :

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Et voici un lien vers le diaporama des photos.

Recette limoncello


Recette de Mouans-Sartoux (Provence), par Gérard

  • Ingrédients necessaires :
-1 litre d'alcool à 90° (si vous avez du 95 ou 96° c'est bien aussi)
-Le zeste de 6 citrons (avec un économe prélevez le zeste avec le moins de blanc possible)
-750 grammes de sucre
  • Préparation :

-Laissez macérer 8 jours le zeste avec l'alcool
-Filtrez
-Faire chauffer 2 litres d'eau avec 750 grammes de sucre
-Attendre que le sirop refroidisse puis ajoutez le au mélange
-Mettre en bouteille puis conservez au congel
Vous pouvez agrémenter avec de la vanille, du sucre de cannes, couper avec du rhum... Tous les gouts sont permis. Bonne dégustation et envoyez vos commentaires !


Histoire du développement du Sud-Est français, de 1860 à 1914



En 1860 a lieu le rattachement du comté de Nice à la France :
Cette étape se déroule sous le second empire (Napoléon III). La décision de rattachement est accompagnée d’un plébiscite : on compte 26.000 voies pour et seulement 160 contre.
Cette procédure de plébiscite n’est pas exceptionnelle : régulièrement pour accroître le sentiment de démocratie les décisions impériales sont accompagnées d’un vote de ce type. Il s’agit d’un leure. Il n’y a pas d’expression libre, c’est seulement une manœuvre politique qui légitime une décision.
Pourtant certains niçois s’opposaient fermement à ce rattachement, dont un héro local Garibaldi. Mais l’importance de ce personnage aurait été perçue au-delà du questionnement du rattachement et son influence aurait été à relativiser par rapport à d’autres personnages de la scène politique ou économique.

La population :

Le rattachement de 1860 lance les Alpes-Maritimes vers un dynamisme nouveau et un grand essor démographique : +80% entre 1860 et 1911 ; Entre 1876 et 1891 les A.M. se peuplent de 55.000 nouveaux habitants. La natalité est de 220 pour 1000 courant XIXème siècle.
C’est une période de relative prospérité et de natalité. (cf. IMBERT, A la découverte de la Provence).
L’immigration se développe fortement en même temps que la paix en Europe (fin de la guerre franco-prussiènne de 1870).

Ainsi en 1861 les A.M. sont le département français le plus peuplé en étrangers : on en dénombre 6.000 à Nice.
En 1876 ils sont 22.000 et en 1911 : 125.000
Ces étrangers peuvent êtres :
- Des riches : migrations de luxe (ils ne viennent pas travailler). Ils sont présent surtout l’hiver, ils font de la "villégiature".
- Des italiens : ils représentent 90% des étrangers en 1891, et 76% en 1911.
La domination italienne s’explique par la proximité frontalière et culturelle, par le besoin de main d’œuvre et par les difficultés politiques italiennes (Risorgimento et la montée progressive du fascisme Mussolinien).

Ainsi se développe une économie du tourisme. Cette activité draine un flot économique : des emplois divers, l'artisanats, le commerces et l'agriculuture sont directement liés à cet essor.
L’embauche massive de travailleurs italiens à bas prix accroît la concurrence et provoque des rixes régulières avec la population locale (cf achives de la Police).
Ainsi, dès 1880 les italiens sont peu appréciés dans les A.M.

Dans ce contexte on arrive rapidement à un véritable cosmopolitisme niçois, un mesclun de diversités culturelles. On distingue 3 couches sociales :
- Les classes aisées
- Les classes moyennes et pauvres
- Les autochtones, qui sont séparés des deux précédents.
On parle d’un "tripartisme cloisonnant".

L'un des effets pervers du développement touristique est l'apparition de l' exode rural : (déséquilibre démographique entre l’arrière-pays et le littoral).
Alors que Cannes voit sa population quadrupler entre 1861 et 1911 et que Menton est multiplié par 3 dans le même interval (3ème ville des A.M. après Nice et Cannes).
On parvient à une crise agricole.
Il y a plus d’habitants urbains que ruraux : un équilibre fondamental dans l’économie savoyarde est boulversé.
On parle d’un boom urbain en 1876 : l’essor du tourisme modifie l’économie. La ville change d’aspect.

Une crise agraire :

Les A.M. ont une géographie qui ne propose pas de grands espaces. L’agriculture se fait sur de petites parcelles (planches et restanques). Ainsi l’espace agricole est divisé entre de petits propriétaires, on parle d'un système « microfundiaire ».
Entre 1860 et 1880, 80% des paysans possèdent moins de 2 hectares à cultiver. L’arrière-pays reste à des techniques anciennes : pas de machines agricoles, emploi de l’araire, pas d’engrais…
Il y a peu d’exedant de production et peu d’échanges commerciaux, il y a aussi un aléa lié aux coditions météo. La production agricole est autarcique, de polyculture et de subsistance.
On produit surtout :
- L’olive (oléiculture)
- La vigne (viticulture)
- Les céréales (céréaliculture)
La culture des fleurs connaît un essor à la fin du XIXème siècle. L’arboriculture est peu développée, il y a quelques vers à soie et un peu d’élevage.

Le ravitaillement régional est très délicat : l’arrière-pays ne subvient pas à ses besoins, il est isolé et survit dans des archaïsmes. La vie paysanne est rude.
Aussi la crise agraire a des conséquences graves :
- baisse des prix avec l’ouverture à la concurrence
- dépression économique entre 1880 et 1895 dans les A.M.
- difficultés des 3 pilliers économiques régionaux (olive – vigne –céréales) avec la concurrence des huiles tunisiennes, la mouche des oliviers (dite « Kevioun », dès 1865)
- le gel (hivers rudes) qui détruit les récoltes

Aussi l’exode rural semble être la seule solution aux populations de l’arrière-pays. Le littoral et la ville fascinent. On perd peu à peu les valeurs traditionnelles.

L’industrie avant le tourisme :

Nice n’accompagne pas le phénomène de mondialisation de l’époque. Cette ville n’a jamais été un grand pôle industriel.
En 1862 la ville comptait 3700 établissements industriels, qui employaient 12.000 ouvriers, souvent de manière périodique.
- l’industrie alimentaire employait 6.000 ouvriers (la moitié !)
- l’industrie du textile : 3.000, avec des matières premières locales
- la chimie : 1500 (seule industrie qui échange beaucoup avec d’autres pôles)
- le bois : 500 (scieries de l’arrière-pays)
- on doit aussi mentionner la céramique, briqueterie, verrerie, faïencerie, qui sont des artisanats spécifiques.

Les A.M. sont le théâtre d’un pullulement de petites industries souvent tributaires de l’agriculture locale. Ces ateliers sont dispersés, il y a peu de réseaux de communication.
Une mutation s’opère entre 1880 et 1890 avec le tourisme et les transports :

Le développement des réseaux de communication :

Il existe peu d’axes de communication internes en 1860, au moment du rattachement. Seulement de grands axes avec la route du sel et la route de Turin, qui traversent le comté sans utilisation interne véritable.
Il n’y a donc pas de cohérence dans la desserte de l'ancien Comté, l’espace est pensé politiquement par la Savoie pour traverser l'espace sans le mettre en valeur. Dès le moyen pays, l’acheminement se fait à dos de mulets. Le long des côtes, on utilise les navires en cabotage.
Le relief alpin constitue un obstacle majeur, le débit irrégulier du Var et du Paillon emporte régulièrement les routes et gués.

La 3ème république lance un énorme chantier dès 1870 pour rattraper le retard : 20 ans de travaux sont necessaires. En arrière pensé, l’état français voit aussi l’intégration des populations et une mobilité militaire. Pour cela, l’état s’engage massivement.
En 1865, l’arrière-pays est désenclavé. Le pont du Var en fonte est posé à la même époque.
En 1868 : route Menton-Sospel
En 1863 : route de la Vésubie
En 1870 : route dans l’arrière-pays (est-ouest) et route dans la Tinée
Le littoral est désenclavé avec Nice-Villefranche en 62, Beaulieu en 66, Menton en 87.

Le train passe à Nice en 1864, puis a Beaulieu, Monaco, et Vintimille en 1870.
On peut faire Nice-Digne en 1911. (Puget-Thénier en 1891). On créé Nice-Cunéo, Menton-Sospel en 1912.
Les réseaux de communication explosent.
En 30 ans, les vallées enclavées sont accessibles. Seules 4 communes ne possèdent pas de voie carrossable sur les 163 du département !

On construit aussi des ouvrages militaires : une route et des forts suit la frontière et les crêtes.

L’essor du tourisme :

Le tourisme fait un bon à la fin du XVIIIème siècle, déjà.
En 1780, les « Hirondelles d’hiver » passent 6 mois sur la riviera. C’est un tourisme de luxe avec beaucoup d’Anglais.
Dès le royaume Sarde, des aménagements divers sont entrepris pour accroître le phénomène touristique : aménagement de la colline du château, couverture du Paillon, construction de la Promenade des Anglais, infrastructures diverses.
En 1830 à Nice on compte 14 hôtels.
Du rattachement à la veille de la 1ère guerre mondiale, l’essor touristique est fondamental. C’est une source de richesse pour Nice. Il oblige à certaines modernités « luxueuses » : développement du chemin de fer (gare SNCF), aménagements du Paillon, tout-à-l’égout, éclairage public, casinos (en 1884).
Années :
Nombre de touristes d’hiver :
1874 - 1875 : 22.000
1884 - 1885 : 45.000
1894 - 1895 : 120.000
1904 - 1905 : 450.000
1913 - 1914 : 800.000
Face à cet essor économique qui profite de la situation ?
Le Niçois et autochtones profitent, tout en ayant finalement peu de choix. On vit parfois ce phénomène comme une « colonisation », il y a des réactions niçoises diverses.

La spéculation immobilière couplée au phénomène du tourisme remodèle la ville.
Le visage économique et culturel change pour une capitale mondiale du tourisme.
La « Côte d’Azur » : appellation : de Stéphane Liégard.
Pas de touristes à Nice l’été (trop chaud).

En 1880/90 se développe une économie de tourisme.
Nice n’est pas un port militaire (cette fonction est conférée à Toulon), n’a pas d’industries (pour ne pas indisposer les touristes), et développe la culture des fleurs.
On les exporte massivement vers la Russie, l’Allemagne, la Suède…
Cette culture prend une telle importance qu'en 1887 apparaît un "Syndicat des Expéditeurs de Fleurs du Littoral".
Les conditions d’élevage sont améliorées avec le développement de cheptel bovin, porcin et la fabrication de lait.
En revanche certaines activités diminuent : le textile, les activités traditionnelles (moulin, vannerie…). L’industrie n’est plus au service de la transformation de la production agricole mais vise à satisfaire les besoins de la ville.

Les étudiants nottent les profs : projet de loi LRU - rapport Attali

La ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche Valérie Pecresse s'est exprimée pour la généralisation d'un système de notation des professeurs par les étudiants.
Ce projet est amplifié par le rapport de la comission Attali.
Annoncé sur le site du journal "rue89", ce nouvel élément de réforme dans le milieu universitaire pourrait bien mettre à dos les derniers profs non mobilisés face à la L.RU.

"L'élève de 6ème qui vient de traiter son prof de "connard" aurait ainsi la possibilité, en plus des 48 heures de garde-à-vue, de lui coller un zéro pointé, avec la bénédiction de son père, cela va de soi".

Ce texte est critiquable sur de nombreux points, je vais essayer de synthétiser ici les plus significatifs :

Le rapport enseignant-enseigné n'est pas une relation de vendeur à consommateur, de prestataire de service à payeur.

En milieu Universitaire il s'agit d'une relation de celui qui enseigne à celui qui apprend.
Il y a aussi l'enjeu de la place, là ou le professeur à l'Université tient un nom et une carrière potentielle, et là ou l'étudiant mise sur son avenir. La notation pourquoi pas, mais quelles types de dérives ? corruption, chantage, menace, lobbies...

Au collège / Lycée, la notation serait une relation d'adulte à enfant ou adolescent.
Imaginez que le prof de maths soit une jeune femme, pas très jolie, pas très à la mode, et la risée des plus discipés. Les cours sont généralement le bazard, tout le monde lance des gommes, crie, la prof n'arrête pas de demande le silence, de se calmer, etc... Tous les cours sont comme ça. Pourtant, le peu de temps qu'elle réussit à parler, elle enseigne les maths, explique bien, elle reprend les questions que les élèves de la rangée de devant n'ont pas compris, etc... C'est une bonne prof, elle enseigne bien les maths, les élèves qui veulent étudier comprennent bien. Voilà, mais elle n'a pas d'autorité et ne sait pas se faire respecter. Pour chacun des critères: pédagogie, enseignement, gentillesse, respect, ponctualité, etc... Croyez-vous que les élèves vont être "objectifs"? Bien-sûr que non, ils vont mettre un zéro pointé à chacun des critères par vengeance, mesquinerie, et pour enfoncer la pauvre dame encore plus. C'est une question de psychologie de l'être humain. C'est comme ça.

Vous n'avez que des mauvaises notes ? pan !
Le chargé de TD est trop exigeant ? pan !
Le prof fume, est homo, black ou juif ? pan !
Votre prof est politiquement du mauvais bord ? pan !
Le programme / la bibliographie / votre sujet d'exposé ne vous convient pas ? pan !


Ce n'est pas une relation de stricte équivalence égalitaire.
Pourrait on apprendre plutôt aux élèves à apprécier l'école au lieu d'en faire des consommateurs et des commentateurs ?

Le trésor de l'Afrika Corps - l'or de Rommel en Corse

Il existe plusieurs théories quand à la localisation d'un éventuel trésor.

L'une d'entre-elle suppose que la cargaison repose sous l'eau, à proximité de la côte orientale corse :
Un plongeur qui servi comme SS durant la WWII, connu sous le pseudonyme de Peter Fleig déclara avoir eu pour ordre d'aider un groupe de 4 officiers à cacher six caisses de munitions dans une caverne sous-marine quelquepart le long de la côte orientale Corse.

Quelques temps après, en Italie, les 4 officiers furent arretés. Refusants de coopérer, ils furent abattus. Fleig eut la vie sauve mais prétendi ne pas connaitre ni le contenu des caisses, ni la localisation précise.

L'actualité est riche puisque cet été, un navire allemand équipé de matériel de détection a prospecté au large de la côte orientale corse. L'état a réagi face à cette violation des eaux territoriales françaises mais le Département de Recherches Archéologiques Sub-aquatiques et Sous-Marine (DRASSM) a officialisé l'intervention allemande en délivrant une autorisation.

L'or de Rommel est-t-il quelquepart dans une caverne sous-marine en Corse ?

Randonnée raquettes Tête de Giarons

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Nous avons fait un peu de raquette ce week-end avec le fameux circuit de la tête du Giarons (2027 mètres). Voici un lien vers les photos de l'expédition.
Une itinéraire bis de cette rando existe sur le site du Conseil Général (lien).

Au départ du col de la Couillole (1678 mètres), raquettes aux pieds et ski sur le dos nous sommes parti marcher environ 15 km, pour la journée.
Le temps était nuageux mais pas menaçant, cela ne nous a pas empeché d'avoir très chaud et de boire près de 2 litres chacun.

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Pour acceder au massif alpin qui s'avance sur les vallées du haut-pays du Cian et réserve un panorama exeptionnel, nous avons traversé quelques sommets : la Cime de la Tournerie (balisée par la ligne à haute-tension) et déja recouverte de 50 cm de neige; puis le Pin Pourri et la Tête du Pommier qui atteignent plus de 80 cm de poudreuse dans des pentes qui ont ravis les skieurs.
Nous avons traversé les pistes du domaine de Roubion, toutes ouvertes.
Enfin nous sommes parvenus dans les plateaux si dépaisants de la Baisse de Clari.

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A ce niveau le paysage est hors du commun : ce large plateau valonné est ceinturé par les vallées de Roubion à l'est, et Beuil/Valberg à l'Ouest.

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Devant nous, au sud nous avons reconnu le mont Boron et apperçu ce que je pense être les montagnes de Corse .

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Derrière, côté Nord-Est le mont Mounier qui masque Auron :

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C'est là que la montagne semble se noyer dans les nuages. L'air est différent, on a l'impression de flotter au dessus de la plaine, comme si on marchait sur un nuage de neige.

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Numismatique : étude de monnaies romaines - le cas du port d'Ostie

Etude du port d'Ostie au travers de monnaies romaines :


Voici l'étude de 8 monnaies romaines vues de leur revers et de 3 monnaies vues de leur envers.
Elles représentent le port d’Ostie à l’époque de Néron, Trajan et Commode.
L'analyse se fera au travers de deux aspects évoqués dans les représentations : les navires, puis les infrastructures.


Nero. Sestertius, Lugdunum circa 65, æ 31.62 g. NERO CLAVD CAESAR AVG GER P M TR P IMP P P Laureate head l., with globe at point of neck. Rev. S – C Bird’s eye view of the harbour of Ostia. At the top faros surmounted by statue of Neptune, holding sceptre; at bottom, reclining figure of Tiber l., holding rudder and dolphin; below, PORT AVG. To l. crescent shaped pier with portico. To r., crescent-shaped row of breakwaters. In the centre, eight ships. RIC 441. BMC 323 (this reverse die). C 252. CBN 75 var.


Trajan. AD 98-117. Æ Sestertius (23.35 g, 6h). Struck AD 112-115. Laureate and draped bust right / PORTVM TRAIANI, three ships within hexagonal harbor framed by two-story arcades; temples surmounted by statues on either side below. RIC II 632; Banti 84A.


Commode. Medallion circa 189, æ 73.11 g. IMP COMMODVS AVG PIVS FELIX Laureate, draped and cuirassed bust r. Rev. VOTIS FELICIBVS Commodus, veiled, sacrificing at tripod placed at the entrance of a harbour towards which five vessels are approaching; a priest standing by the tripod accompanies the Emperor. On r., a pharos and beneath, on the sea-shore, a slain bull. C. 996. Gnecchi pag. 71, 175 and pl. 89, 7. H. Gruber, Roman medallions in the B.M., p. 30, 44 and pl. XXXV, 3. BMC p. Clxxxiii



Les navires :

Le revers de cinq monnaies de Néron figure une vue « en œil d’oiseau » d’une scène de navires dans le bassin du port d’Ostie. Il n’y a pas d’indication de date : aucun évènement majeur ne semble être mentionné (inauguration ou achèvement divers). Ces monnaies ne pourraient être datées avant 63/64. On propose la chronologie de 64/65.
La face de ces monnaies représente le buste de l’empereur lauré à gauche avec le globe sur la nuque. Autour de ce buste se lit sa titulature.

Une flotte de navire est concentrée dans un bassin. Parmi ces 8 navires, l’un d’eux est au centre. C’est le plus massif. Sa représentation le place comme important dans la composition de l’image. On suppose qu’il s’agit d’un navire de commerce chargé de son fret.
Parfois sur certaines monnaies[1], une petite embarcation à rame « scapha » est représentée à sa proue. Cette dernière est en train de tracter le vaisseau.
Lorsqu’un navire arrivait à proximité du port, handicapé par son chargement (ou par une météo difficile) et par conséquent peu manoeuvrant, il pouvait être pris en charge par une petite embarcation à rame.
Ce vaisseau de commerce est armé d’une voile carrée enroulée sur sa vergue. Sous le mât on distingue une partie de la cargaison ou une cabine. Sur certaines représentations[2] des marins sont figurés à chaque extrémité du navire, peut être aident-t-ils au déchargement.
Au niveau de la poupe et parfois de la proue un élément dépasse horizontalement de la coque. Sur l’une des représentations cet élément est agrémenté d’un bastingage[3]. Des personnages et du matériel sont disposés sur cet élément[4]. Il peut s’agir d’une passerelle.

On déduit que tant que le navire est tracté par la scapha, les marins ne sont pas représentés. Dès que la scapha s’éloigne[5] et que le navire est immobilisé, les marins entament le déchargement en plaçant les cargaisons vers la passerelle.
Afin de gagner du temps, avant même l’immobilisation, il semble que l’élément passerelle est déployé. Cette passerelle est en position relevée sur la monnaie en bas à droite. La scène du navire en attente au milieu du bassin portuaire montre l’effervescence du port et la synchronisation des différentes unités.

Autour de ce vaisseau central, on remarque plusieurs « scapha ». Parfois les rameurs sont représentés à bord[6]. Ils sont placés de dos par rapport au mouvement de la barque, afin de rentabiliser au maximum l’effort.

D’autres navires à voiles sont représentés autour du vaisseau central. Ils sont soit à quai, soit en train d’y accéder.
Si les quais sont trop encombrés, le navire doit attendre au milieu du bassin portuaire, auquel cas des bâtiments spécialement conçus les « lenunculi » peuvent entamer le déchargement.
Un navire de combat est représenté sur la droite, en haut (« à 1 heures »). Ce vaisseau long est armé de rameurs protégés par des boucliers, sa proue est renforcée d’un rostre[7]. Il est dépourvu de mât et ne manœuvre donc que par la force humaine (rameurs).
Les autres voiliers sont amarrés au quai, à l’exception d’un navire qui semble appareiller[8].
La représentation du navire appareillant est située sur le côté gauche de la monnaie (« à 10 heures »). La voile est en train d’être bordée, la proue est dirigée vers le large. Il est représenté parfois avec les passerelles non repliées, alors que le navire quitte son ponton. Il s’agit là encore d’une représentation de dynamisme qui illustre la recherche de gain de temps.

A proximité de ce navire, un autre est représenté en train d’arriver au port. Présent sur toutes les monnaies au sommet et légèrement à gauche (« à 11 heures »), il est mieux visible sur celles du bas du document. Sa voile carrée est gonflée par le vent, c’est le navire le plus dynamique de la composition parce qu’il entre dans le port à pleine puissance. Il semble que sa passerelle de proue est en position relevée (sur les monnaies du bas).


[1] Visible sur toutes les monnaies à l’exception des deux situées en bas du document.
[2] Visible sur les monnaies en bas du document.
[3] Monnaie au centre côté gauche.
[4] Monnaies situées en bas du document.
[5] Monnaie située en bas à gauche.
[6] On les remarque sur les deux monnaies du bas du document et sur la monnaie au centre à gauche.
[7] Le rostre est assez visible sur la monnaie en bas à droite.
[8] Le navire appareillant est visible sur les monnaies à l’exception de celle située en bas à droite du document.


Les infrastructures

A sommet des monnaies de Néron, en position centrale on remarque la statue de Neptune qui trône sur l’ensemble de la scène. La divinité brandi un sceptre dans sa main gauche. A sa base on remarque une structure de forme circulaire qui pourrait être le bâtiment du « faros ». L’ensemble de l’élévation semble être bâti sur un troisième élément[1] de forme vaguement ovale. Cela pourrait représenter le môle vu en coupe et de face, comme si l’on arrivait de la pleine mer face au port.

Symétriquement opposé au Pharos, en bas de la monnaie se trouve un homme représenté semi allongé, nu et de profil.
Cette représentation est comparable à celle des « dieux de rivières », elle est assez familière sur les monnaies impériales.
Les attributs sont différents des dieux de rivière conventionnels puisqu’il tient dans la main droite un gouvernail, et dans la main gauche un dauphin. Il adopte cependant la même posture.
Cela pourrait être une représentation symbolique qui matérialise l’endroit où l’eau douce du Tibre se jette dans la mer[2] ; ce lieu pourrait être personnifié par la divinité représentée ici.
L’association au dauphin, lui-même lié à la mer rapproche la symbolique de la mer, alors que le gouvernail symboliserait plutôt la rencontre du fleuve avec la mer et la navigation.
Il pourrait alors s’agir d’une divinité portuaire, cas déjà attesté par des monnaies Corinthiennes des périodes impériales. Cette représentation serait alors la personnification de la divinité du port d’Ostie. Il pourrait s’agir de Tibère[3], de Neptune[4], d’Oceanus ou Hafengott[5].

Sur la partie périphérique des monnaies de Néron on remarque deux môles semi-circulaires. Celui de gauche semble être aménagé de plusieurs constructions : portiques, horréa et un temple.
La partie périphérique droite quand à elle représente des arcades sur un môle semi-circulaire.
Ces constructions à proximité du bassin semblent particulièrement visibles sur le revers des deux monnaies de Trajan.

Alors que l’envers est frappé du buste de l’empereur de profil droit et inscrit sur le pourtour sa titulature, le revers affiche un port et des bâtiments autour d’un bassin de forme hexagonale.
Dès la fin du 1er siècle, le port de Claude commençait à s’envaser. Pour cette raison fut réalisé le projet de Trajan, qui comportait un nouveau port et schéma portuaire. Le bassin fut creusé à l’intérieur des terres, il était plus petit que celui de Claude, de forme hexagonale et d’une profondeur de 5 mètres.
Tout autour du bassin s’alignaient des entrepôts, une construction résidentielle importante « palais », un bâtiment administratif, un temple de « Liber Pater », un autre temple de forme circulaire de « Portumnus », d’autres sanctuaires, des thermes, une caserne de vigiles et une statue colossale de Trajan.
Entre le bassin et les horreas s’élevait un mur percé de portes destiné à la défense et à l’octroi. On peut supposer que ce mur et certains des bâtiments évoqués sont représentés sur ces monnaies, notamment sous la forme d’un péristyle à deux étages.
Quand un navire arrivait au port, il était conduit à un quai où son emplacement était marqué par une colonne numérotée. De nuit ou par mauvais temps, l’infrastructure portuaire pouvait être balisée par des feux au niveau des arcades, avec le combustible contenu dans des jarres[6]. Ces jarres sont représentées sur les arcades des monnaies de Trajan. Elles sont placées à intervalle régulier.
En périphérie de la représentation du port est mentionné « PORTVM TRAIANI », port Trajan. Les textes anciens évoquent au total trois ports appelés port Trajan : Ostie, Centum-Cellae et Ancône. La configuration du bassin et l’agencement des bâtiments permettent de déduire que la représentation ici est bien le port d’Ostie.

Enfin la dernière monnaie est frappée sur son recto du buste de l’empereur Commode, de profil droit, drapé et cuirassé. Autour de lui est écrite sa titulature.
Sur le revers de la monnaie est représentée une scène à l’entrée du port d’Ostie.
Dans la partie centrale droite l’empereur Commode se tient de profil (côté gauche), il porte la tenue pontificale et ses attributs (une patère et un rouleau de parchemin). Il vient de sacrifier un bélier[7] étendu sur le rivage. A proximité de l’empereur se trouvent un trépied et un prêtre.
La scène se déroule sur un môle. Derrière l’empereur, sur la droite un phare à 3 étages pyramidaux à degrés est paré au sommet d’un feu à l’aire libre. Il s’agit d’une représentation du Pharos d’Ostie, inspiré du prototype d’Alexandrie et premier construit dans le monde romain.
Au devant de l’empereur (sur la partie gauche) est représentée une scène de navigation composée de deux gros navires et de trois barques : deux scapha sont en train de remorquer les deux navires lourds alors qu’un troisième scapha (au 1er plan) se dirige vers le port.
Face à l’empereur et remorqué par un scapha composé de quatre rameurs, un vaisseau lourd fait route vers le port. Il a sa voile gonflée, à sa proue on distingue un mât incliné vers l’avant et gréé d’une voile « vexillium » utilisée comme un foc et pour faire de l’ombre sur le pont. Au niveau de la poupe un personnage est assis. Il est en armure, avec un casque à cimiez et porte à la main droite une épée. On suppose qu’il s’agit du capitaine du navire divinisé, peut être Jupiter Serapis ou Fortuna Dux. Tous les personnages (rameurs, capitaine du vaisseau font face à l’empereur).
Surplombant la scène, au sommet de la monnaie, l’autre navire lourd est remorqué par un rameur unique dans son scapha. Le navire est train de naviguer sur sa voilure principale (mât central).

Cette monnaie fut sans doute frappée vers la fin du deuxième siècle de notre ère, en référence à la flotte Africaine armée et établie en urgence par Commode en 186. Cette flotte avait pour mission d’aller chercher du blé en Afrique suite à la pénurie Egyptienne. Le succès de l’opération a donnée lieu à la glorification de l’empereur et de sa flotte, glorification notamment visible sur cette monnaie.


[1] Très visible sur les monnaies du centre côté droit et du bas côté gauche
[2] Par comparaison, le revers de certaines monnaies d’Alexandrie symbolise la rencontre du Nil et de la Méditerranée au port d’Alexandrie.
[3] Selon SYNDENHAM, The Coinage of Nero, Londres, 1920 p. 108
[4] Selon MATTINGLY, BMCEmp. I, p. 221
[5] Selon IMHOOF, Fluss und Meergötter, p. 247.
[6] C’est la théorie du Professeur Gilbert Bagnani qui propose un système de guidage par des feux pour les navires appareillants et accostants
[7] L’animal est peu visible sur la monnaie. Il repose en bas à droite. Il peut s’agir d’un cerf ou d’une chèvre.


Conclusion

Ces représentations évoquent une cité prospérité et relativement libre qui pourrait frapper sa monnaie pour sa propre gloire. Ce genre de cas est attesté sous l’empire romain.
Ces monnaies peuvent également célébrer l’arrivée au port des flottes chargées du blé de Rome.
Mais au-delà de ces aspects, il s’agit de l’expression propagandiste de la puissance du port d’Ostie, point d’arrivée du blé ravitaillant Rome. Imagé comme dynamique, organisé, là où chaque élément est synchrone, le bassin est représenté « saturé » de navires chargés du blé d’Alexandrie qui maintiennent l’approvisionnement de Rome à un moment crucial (risque de famine).
Les monnaies de Néron affichent ostensiblement un bassin rempli de navires chargés de blé autour du quel sont édifiés divers bâtiments. Cette représentation portuaire laisse entendre que Néron a réalisé un certain nombre de constructions dont on ne saisit pas encore la totalité.
Alors que certaines constructions d’Ostie et de son port sont clairement attestées à Claude, Trajan ou Septime Sévère, il semble très probable que Néron compléta les structures : il aurait réparé les dégâts de l’incendie de 64, établi de grands plans d’aménagements futurs, particulièrement avec la création d’un canal amenant directement à Rome les navires, à travers la Campanie[1].
Ces monnaies évoquent également le souvenir de l’achèvement du port. Ainsi il n’est pas représenté tel qu’il est géographiquement ordonnancé. La différence géographique entre les bassins semi-circulaire et hexagonaux serait à mettre sur le compte d’un souci d’angle de vue et de représentativité.
La monnaie de Trajan affiche un bassin hexagonal flanqué de nombreux bâtiments, richement décorés. Cette monnaie évoque le succès de l’entreprise de rénovation du port d’Ostie.
Dans le cas de la monnaie de Commode, elle vise à marquer la divinisation de l’empereur qui en sacrifiant un animal place l’entreprise de sa flotte sous le soutient des dieux. Le succès de l’opération, gravée sur la monnaie, rappel l’aspect divin de l’empereur.


[1] Cf. TACITE, Ann. 15.42-43 ; SUETONE, Nero 31 ; cf.16)

OGC Nice : 4ème au classement de ligue 1 ! But d'Hellebuyck Nice Nancy 21ème journée

Buteur dimanche soir à l'occasion de la 21e journée de Ligue 1, David Hellebuyck a offert les trois points de la victoire au Gym contre l'AS Nancy-Lorraine (1-0). L'ancien Lyonnais, Parisien ou Stéphanois, interrogé par le site officiel du club, ne cache d'ailleurs pas sa joie de voir l'OGC Nice flirter avec les places européennes: "Le groupe est formidable, tout le monde fait les efforts, il y a une super ambiance. Le championnat est encore long, on se déplace deux fois d'affilée, il faut qu'on prenne des points pour rester en haut. En tout cas notre place n'est pas volée, on se crée beaucoup d'occasions à chaque match, on a un fond de jeu."

Le Gym se déplacera deux fois lors des 2 prochaines journées, à Toulouse puis à Lyon.

Shark Attacking Helicopter Photograph

Attaque de requin, requin - helicoptere...Cette photo spectaculaire représentant dans la baie de San Fransisco un grand requin blanc attaquant un plongeur hélitreuillé est bien connue...


Ce n'est pas plus compliqué que ça...





Et oui, ce n'est jamais qu'un gros montage photo, réalisé par logiciels informatique type photoshop. On a supperposé le requin jaillissant hors de l'eau, à la scène presque banale de l'hélitreillage en pleine baie de San Francisco. Pour le spéctaculaire, l'auteur a fait pivoter "en miroir" la photo originelle de l'hélico, de sorte que le plongeur soit face à la bête. Et tout le monde y croit. Pas si bête hein !
La photo de l'hélico fut prise par Lance Cheung, soldat américain, au cours d'un exercice en baie de San Francisco. Pour info l'appareil est un HH-60G Pave Hawk utlisé en mer par l'US Air Force. Notez le mât à l'avant utilisé pour le ravitaillement en vol. Le Golden Gate est bien visible en arrière-plan.
Quand au Grand Blanc, son plongeon fut photographié par Charles Maxwell, un photographe sous-marin professionnel, dans False Bay en Afrique du Sud. Sa photo est d'ailleur visible sur son site.
La description qui accompagne généralement ce montage dit que la photo fut récompensée par le prix "photo of the year" du "National Geographic", ce qui est faux. L'article mis-en-ligne par le magazine dément avoir decerné ce prix.
Ce qu'il faut retenir ? L'image informatique est facilement modifiable, ne croyez pas systématiquement vos yeux ! On doit aussi admetre le tallent des photographes, et de l'auteur de ce montage, qui fait parler de son chef-d'oeuvre depuis Août 2001. Chapeau l'artiste !
Pour en savoir plus :

Le vieux-Nice et ses traces archéologiques

S'il parait évident que le Vieux-Nice regorge de vestiges anciens, certains sont plus cachés que d'autres et ne peuvent apparaître que de manière occasionnelle.
En balade rue de la Préfecture, j'ai remarque cette agence immobilière. Pour refaire la devanture, le proprio a araché l'ancien décor et attend le nouveau. Durant ce laps de temps, la façade nue de l'immeuble livre le témoignage des siècles qui ont marqués les maçonneries par de nombreux remaniements.



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L'intérêt de ces clichés est de démontrer le potentiel des façades : sous la peinture, le platre, l'enduit, derrière les devantures des boutiques, toute l'histoire du vieux-Nice est lisible.

Dans le cas présent, il faut remarquer l'appareil particulier qui flanque le montant gauche de la porte d'entrée. Il peut s'agir d'une maçonnerie médiévale. Les voûtes de brique peuvent également approcher ces périodes.

Nice by night - Avenue Jean Medecin, arcades et place Massena

Ces photos sont prises de nuit à l'occasion d'un balade en centre-ville.
Les illuminations, la foule à cause des soldes et l'athmosphèere du mois de janvier donnent un certain caractère à ces clichés ? A vous de juger.


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Vers les arcades de Massena :

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A Nice la vidéosurveillance s'installe : ville et police main dans la main

Nice-Matin titre "ville et police main dans la main".

Ensemble ils exploiterons les 198 caméras implantées sur Nice.

En médaillon, Christophe, salarié : "ça ne me gêne pas", et Nadia, agent de voyage : "le même principe que les radars".


"Mieux vaut prévenir que guérir". Dans la bouche des politiques niçois, le mot "prévention" signifie répression préventive.

Petit à petit il semble que l'on est déterminé à instaurer un climat de télésurveillance, où seuls les "hors-la loi" ont quelque chose à craindre.

Même l'interview impartial et au hasard par la presse locale vers ses concitoyens conciliants rabâche les arguments du "je me sens libre si je suis protégée", "il n'y a que ceux qui sont en infraction qui doivent craindre les caméras".


J'en viens donc à citer la fameuse lettre ouverte à Henri Chabert, "un homme qui n’a rien à se reprocher" :


En effet, en plus des vidéos surveillance déja installées dans les transports en commun niçois et sur certains espaces "sensibles (centres commerciaux, parkings, place Massena, vieux-Nice...), la vidéo-surveillance s’intègre dans un ensemble de dispositifs destinés à "révolutionner" le dispositif policier :

La "prévention situationnelle", appelée également "sécurité passive".

Par la prévention situationnelle, il s’agit de modifier l’environnement urbain pour générer un "contrôle social naturel" et éviter les situations d’insécurité. Quelques exemples parisiens : des bancs "semi debout" empêchent la présence de SDF dans le métro, un arrosage régulier de la pelouse des Halles éloigne les importuns.

La prévention situationnelle s’accompagne d’un renforcement des contrôles d’identité, de l’encouragement à la délation ("témoignages sous couvert de l’anonymat", articles 706-57 et 706-56 du code de procédure pénale, ou récement les cas de récompense si délation avec les dernières émeutes de banlieu), renforcement de la collaboration entre les services de police (liens entre les Renseignements Généraux, les Brigades Anti Criminalité et la gendarmerie). Enfin, en cas de coup dur : "la présence de la police sur le terrain ne se limite pas à celle des îlotiers. Des unités d’intervention, des unités spécialisées, des CRS peuvent aussi y participer."

Ce qu'il faut en déduire est que la vidéo-surveillance n’est qu’un élément parmi d’autres de la course au "tout sécuritaire"; elle concourt à "sécuriser l’ambiance générale"
Vidéo-surveillance, transformation du mobilier urbain, police de proximité... Face à la délinquance, l’État dévoile son idéologie techno-policière : la technologie est censée répondre aux faillites sociales et politiques.

Après la traçabilité des aliments et des marchandises, l’État prépare la traçabilité des individus, présentée comme seul moyen de faire disparaître les imprévus et les dysfonctionnements, là où il n’y a que les conséquences d’un système social féroce.

Quelles dérives ?
Dans l'absolue et pour que les caméras de Nice et d'ailleur soient efficace, il faut que derrière l'écran se tienne un policier.
Le problème soulevé par des gens très intelligents est simple : impossible de mettre un policier derrière chaque caméra. Blue Eye Vidéo, à l’instar d’autres sociétés comme Sissel, propose donc des logiciels spécialisés dans la détection automatique des comportements suspects, le comptage de la foule ou la détection d’infraction aux feux rouges...
Le pôle technoplogique de Sofia-Antipolis mérite d’être signalé : c’est là que les chercheurs du programme Orion ont développé une technologie comparable à celle de Blue Eye Video : le logiciel VSIS (Visual Surveillance Intelligent Software) qui détecte les événements suspects. Encore une fois, de la "vidéo-surveillance intelligente".

Caméras en lumière visible, infrarouge ou panoramique, capteurs biométriques, tags. Les espaces visés sont de tous types : ouverts ou fermés, aéroports, gares, centres commerciaux, rues, points de passages...

Débuté en février 2005, le programme durera deux ans, avec un budget de 2,3 M€. "L’objectif est d’observer une foule avec des caméras, et d’être capable de caractériser, voire de reconnaître, des individus au vol. L’analyse de chaque personne s’appuie sur un large corpus d’individus indexés par similarités.

L’idée est non seulement de pouvoir reconnaître une personne présente dans une base de données, mais aussi de reconnaître des types de personnes, les couleurs, la texture, les lignes de force du visage et les accessoires comme les lunettes."

La vidéo-surveillance rencontre ici une autre technologie de pointe : la biométrie, qui consiste à informatiser des données biologiques (odeur, sang, salive, urine, ADN), morphologiques (empreintes digitales, forme de la main, traits du visage, dessin du réseau veineux de l’oeil) ou comportementales : (dynamique de la signature, façon d’utiliser un clavier d’ordinateur, voix, démarche) pour l’identification ou l’authentification. "
[Le croisement technologique entre vidéo-surveillance et biométrie] est aujourd’hui en pratique dans plusieurs casinos aux Etats-Unis et en France (identification des joueurs interdits ou individus fichés), aéroports (identifications de personnes indésirables), stades (refoulement de voyous connus et dangereux pour la tranquillité des autres spectateurs), centres commerciaux ou grands magasins (repérer l’entrée de petits voleurs connus des responsables de la sécurité)" . Casinos, aéroports, supermarchés, voilà pour les usages privés.

A quel moment peut-on s’opposer à ce contrôle total, alors que la mise en place de chaque élément paraît innocente ?

Des caméras "absolument partout", pourquoi pas finalement ? Techniquement, ce sera bientôt possible. Honnête citoyen, tu ne seras jamais fiché au Grand Banditisme. Quand tu sors ce n’est pas pour poser des bombes, et tu n’as même jamais envisagé de voler un vélo. Tes comptes sont irréprochables, tu ne payes aucun fournisseur au noir, tu t'arrêtes à l'orange et tu paye la redevance TV.
Bref, tu n’as rien à te reprocher, tu l’as dit.
Alors pourquoi refuser les caméras dans la rue ? Aussi bien, pourquoi refuser les caméras dans ton salon ? Pourquoi refuser l’implantation d’une puce de localisation par GPS dans ton bras ?

  • Tu ne considères pas que les caméras, puces sous-cutanées et autres cartes d’identité empiètent sur ta vie privée.
  • Tu n’as rien à te reprocher : tu n’es pas Juif, ni Arabe, ni Noir, ni pédé.
  • Irréprochable, tu n'as que des amis policiers.
Mais es-tu tant à l’abri que ça ? Qui décide de ce que tu dois ou non te reprocher ? Faut-il absolument commettre des actes délictueux pour subir les foudres de la répression ?
Parfois il suffit d’exister. En octobre 1940, les Juifs résidant en zone occupée française reçoivent l’ordre d’apposer la mention "Juif" sur leur carte d’identité. En mai 1942, c’est le port de l’étoile jaune qui devient obligatoire. Gageons qu’une grande majorité de citoyens juifs a accueilli cette nouvelle sans grande inquiétude. Après tout, ces gens, comme toi, n’avaient rien à se reprocher : ils sont allés s’inscrire et ont cousu eux-mêmes leur étoile jaune sur leur veste. Puis, du jour au lendemain, c’est leur existence qui est devenue criminelle.
Cette référence au régime de Vichy te semble abusive ? Elle rappelle combien nous sommes à la merci de l’État, combien des outils de fichage tels que la vidéo-surveillance ou la biométrie peuvent décupler son efficacité. Si, en 1940, les autorités de Vichy ou d’Occupation avaient eu à leur disposition la vidéo-surveillance et la biométrie, combien de Juifs auraient réchappé ? Les résistants auraient-ils pu fabriquer tant de faux papiers avec le passeport biométrique et infalsifiable ? Ce n’est pas un hasard si la carte d’identité, outil de contrôle social par excellence, a été généralisée par Pétain. Comme la biométrie ou la vidéo-surveillance, elle jalonne le chemin vers une société totalitaire. Quand le gouvernement aura mis en place un fichier de police comportant les données biométriques de chaque personne n’ayant rien à se reprocher, quand tous les garçons de café seront équipés de puces biométriques GPS, quand des caméras permettront de reconnaître et de tracer chaque individu, quelle possibilité de résistance restera-t-il face à des décisions injustes ou contraires à la dignité humaine ? Comment pourras-tu réagir lorsqu’une nouvelle catégorie de personnes, fichées et encartées, sera stigmatisée ? Comment pourras-tu désobéir à des lois que tu jugeras liberticides ? Comment pourras-tu exercer un contre-pouvoir à la toute-puissance de l’État et des entreprises ? Sauras-tu encore réagir ? Sauras-tu encore désobéir après tant d’années où tu auras cousu toi-même ton étoile électronique ?